Medtech

Le fonds genevois Endeavour Vision récolte 270 millions de francs

La société de capital-risque prévoit d'investir dans douze à quinze sociétés à fort potentiel dans les secteurs médicaux et de la santé numérique

La société genevoise Endeavour Vision a récolté 250 millions d’euros (270 millions de francs) pour le fonds Endeavour Medtech Growth qu’elle conseille. «Il s’agit du plus important fonds européen destiné aux technologies médicales. Ces 250 millions d’euros seront investis ces trois prochaines années dans douze à quinze sociétés à fort potentiel dans les secteurs médicaux et de la santé numérique», a précisé lundi Bernard Vogel, partenaire d’Endeavour Vision.

Le fonds a clôturé au-dessus de sa cible de 150 millions d’euros, en raison son intérêt suscité auprès de nouveaux investisseurs institutionnels. «Très peu de caisses de pensions suisses ont participé à l’opération. Elles ne sont pas encore équipées pour effectuer ce type d’investissement mais les choses devraient petit à petit changer étant donné la volatilité des marchés traditionnels et leurs rendements souvent décevants. En revanche, nous avons pu compter sur des fonds de pension britanniques, plus habitués à investir dans le capital-risque», a souligné Damien Tappy, partenaire d’Endeavour Vision qui ne révèle toutefois pas la performance des fonds précédemment lancés par Endeavour.

Pôle régional

Sophia Genetics, active dans la médecine personnalisée, l’entreprise Endoart, à Lausanne, rachetée par Allergan en 2007, la biotech Oncoethix, reprise par Merck ou la société vaudoise Symetis qui vise une prochaine entrée en bourse, ont toutes bénéficié du soutien financier des précédents fonds d’Endeavour Vision. L’intervention du fonds de capital-risque accélère-elle la reprise de ces entreprises régionales par des géants de l’industrie, avec le risque qu’elles disparaissent? «Nous voulons que ces sociétés se développent et qu’elles puissent voler de leurs propres ailes. Le fait que nous soyons basés à Genève permet au contraire de renforcer l’écosystème régional dans les technologies médicales, considéré comme l’un des pôles européens. Parfois, certaines sociétés se font racheter mais nous en faisons aussi venir dans la région. Cela a par exemple été le cas avec l’entreprise danoise CeQur, précise Bernard Vogel, partenaire d’Endeavour Vision. Environ 20% à 30% des sociétés que nous analysons sont localisées en Suisse.»

Le nouveau fonds Endeavour Medtech Growth, qui cible des entreprises innovantes et à fort potentiel dans les secteurs des dispositifs médicaux et de la santé numérique, a déjà effectué deux investissements. L’un auprès de L’entreprise américaine ReShape Medical. Celle-ci développe un ballon intra-gastrique pour traiter l’obésité de façon non chirurgicale. Il est mis dans l’estomac en l’introduisant par la bouche sans incision de l’abdomen et donne une sensation de satiété. Quelque 1000 patients aux Etats-Unis ont déjà été traités. La société Gynesonics, également aux Etats-Unis, va commercialiser un traitement peu invasif contre les fibromes utérins.

La télémédecine remplacera le médecin généraliste

«Avec la combinaison d’avancées récentes majeures à la fois dans la santé et les technologies numériques de l’information, la médecine connaît des changements sans précédent qui révolutionnent le paradigme de la santé», estime Sven Lingjaerde. Endeavour Vision, qui s’appuie sur une équipe de 10 personnes, vise notamment la médecine personnalisée, la cardiologie minimalement invasive, le diabète, l’obésité, les changements de métabolisme mais aussi la santé numérique ou la télémédecine. Damien Tappy précise: «D’ici quinze ans environ, grâce à la puissance de calcul, au progrès de la génomique et aux systèmes d’intelligence artificielle, la télémédecine remplacera le médecin généraliste.»

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