La gestion des 33 milliards de fortune du fonds de compensation de l’AVS (Compenswiss) est l’objet d’interminables débats. Bien ou mal géré? La question émerge souvent au sein des discussions politiques, au moment où l’AVS annonce une perte d’exploitation de 558 millions.

En 2015, la gestion des placements de l’institution s’est soldée par une perte de 313 millions de francs. Le rendement a été négatif de 0,92% après avoir été positif de 6,5% en 2014. Le résultat est qualifié d’«acceptable» par le président du conseil d’administration, Marco Netzer, dans le rapport annuel publié cette semaine.

9 mandats sur 15 confiés à des sociétés étrangères

Le fonds gère cet argent à l’interne ou confie des mandats à d’autres institutions. Pour la première fois, les détails sont publiés dans le rapport de gestion. Selon le site Finews, jeudi, «17 milliards de francs sont confiés à des groupes externes». Au total, 9 des 15 mandats externes ont été attribués à des groupes financiers étrangers.

Les Romands sont à l’honneur, avec Pictet (gestion de 1,2 milliard, indiciel, en actions des pays émergents), la BCV (606 millions de francs, actif, en immobilier indirect suisse) et Lombard Odier (87 millions, actif, en actions suisses). Le rapport annuel ajoute qu’un mandat actif dans les actions suisses de petite et moyenne capitalisation a été remis au concours en raison d’un résultat peu satisfaisant. Il a été attribué à Mirabaud Asset Management. Il faut savoir que les mandats actifs (qui cherchent à battre l’indice de référence) sont plus rémunérateurs que les passifs (indiciels).

UBS deuxième et Credit Suisse troisième


Les grandes banques ne se hissent pas au premier rang, même si elles se placent sur le podium, avec UBS (2,591 milliards, indiciel, en immobilier global, et actifs, en fonds monétaires) et Credit Suisse (2,315 milliards, passif, en actions suisses et européennes).

C’est en effet le géant américain BlackRock qui arrive en tête (avec 2,61 milliards de francs, en actions mondiales et américaines). Pour des raisons «administratives», un mandat passif en actions «monde petite capitalisation» est passé de Vanguard à BlackRock. La présence en tête du groupe de Larry Fink n'est pas une surprise dans l'obtention de mandats passifs. La taille joue un rôle majeur dans la capacité à offrir des conditions favorables aux institutionnels, non seulement en termes de prix mais aussi de contrôle du risque.   

Les sociétés financières anglo-saxonnes sont bien représentées puisque Schroders se place 4e, juste derrière les grandes banques (1,279 milliard, actif, en obligations financières en dollars, et 128 millions, actif, actions suisses petites et moyennes valeurs). Viennent ensuite: Western Asset Management (1,103 milliard, actif, hypothèques titrisées), Pramerica (1,08 milliard, actif, obligations d’entreprises), Guggenheim Partners (907 millions, actif, obligations à haut rendement), State Street (833 millions, indiciel, en actions japonaises et asiatiques), Babson (827 millions, actif, prêts aux entreprises).

57% en obligations

Le portefeuille a la particularité d’être composé d’à peine 5% en immobilier et d’être fortement pondérée en obligations (57%), tandis que les actions représentent 25% du total.
L’office de gestion responsable de la gestion et du processus de placement, comprend 53 collaborateurs et s’est accru de 8 employés en 2015. Le mandat correspondant pour l’évaluation de la performance réalisée et des processus techniques de placement est actuellement assuré par PPCmetrics. Le consultant procède aussi à une analyse de la performance des placements au niveau des catégories de classes d’actifs et de la fortune globale.


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