C’est la tendance lancée en 2016: les indices qui captent les rendements des entreprises les plus favorables à la diversité de genres dans leur conseil d’administration.

UBS est la deuxième banque à s’être lancée sur ce créneau. Avec le fournisseur d’indice Solactive, l’établissement suisse a créé fin novembre un ETF, un fonds qui reproduit un indice pour pouvoir investir, qui mise sur les entreprises dont les organes dirigeants sont les plus égalitaires. Le Solactive Global Gender Diversity Index, fondé sur les recherches de la société canadienne Sustainalytics, promet une grande diversité et une faible volatilité.

Meilleures performances

Les raisons? Les investisseurs s’intéressent toujours plus aux questions de diversité, explique le communiqué, qui précise: ce d’autant que «des recherches montrent que les entreprises avec davantage de femmes responsables de leur stratégie peuvent être associées avec de meilleures performances que leurs concurrents moins diversifiés». Cela s’explique par «le fait que la diversité peut encourager un échange d’idées plus ouvert et un processus de décision amélioré.» D’après UBS, les entreprises ayant au moins 20% de femmes dans des positions de direction montrent une meilleure rentabilité selon plusieurs mesures, qu’il s’agisse du bénéfice ou du rendement des fonds propres, par exemple.

A lire: L’étude d’UBS (en anglais)

Les cinq premières positions de l’indice – qui en compte 50 – sont Nestlé, Novartis, Foncières Régions, Pfizer et Aéroports de Paris. Il se concentre sur les conseils d’administration: la multinationale veveysanne et la pharma bâloise comptent tous deux quatre femmes (sur treize membres) dans cet organe.

Si l’indice avait tenu compte des postes de direction, le tableau aurait été moins flatteur. Alors qu’il n’y a chez Nestlé qu’une seule femme (sur 15 membres) dans son exécutif, il n’y en a aucune chez Novartis, dont la direction senior dispose néanmoins d’une femme sur sept personnes.

«SHE», deuxième ETF le plus populaire de l’année

Cette année, c’est déjà le deuxième ETF lancé sur ce thème. La société de gestion américaine State Street a été la première. Son fonds, dont le ticker à la bourse est «SHE», est même l’un des plus populaires de l’année. Selon «Bloomberg», il a attiré 284 millions de dollars depuis sa création en février, notamment grâce à l’investissement d’un fonds de pension californien qui en représente l’essentiel.

Pour l’analyste de «Bloomberg», ce fonds est une manière de se différencier sur un marché des ETF ultraconcurrentiels, alors que les investisseurs, surtout institutionnels, s’intéressent davantage à la question de l’égalité. Et la firme se défend de ne faire que du «gadget marketing». «Nous avons toujours travaillé avec des grands investisseurs institutionnels qui pourraient être intéressés et ils continuent à utiliser toujours plus d’ETF pour obtenir des accès à certains segments du marché», a expliqué David Mazza, responsable de la recherche sur les ETF et les fonds traditionnels chez State Street.

Pfizer, PepsiCo et Amgen

La société financière cite, elle, les recherches de MSCI, un autre fournisseur d’indices, qui a démontré que les entreprises les mieux diversifiées enregistrent un retour sur les fonds propres de 36,4% supérieur aux autres.

Pour l’instant, le fonds a gagné 7,7% depuis mars, contre 10,6% pour le S&P 500. Pfizer, PepsiCo et Amgen représentent les trois plus importantes positions du portefeuille, l’ensemble étant constitué d’actions américaines. Contrairement au produit d’UBS, celui-ci tient compte de la part des femmes dans les directions générales, pas seulement dans les conseils d’administration. Le fonds d’UBS (en dollars) a engrangé 0,9% depuis son lancement début novembre.

Par ailleurs, le gérant d’actifs RobecoSAM a également développé une stratégie de placement fondée sur l’égalité des genres depuis 2015.