Fonds de pension de l’ONU, théâtre de guerres internes

Crise Le départ d’Ivan Pictet intrigue

Le Fonds de pension des personnels des Nations unies (ONU) va, pour la première fois de son histoire, investir dans des hedge funds. Selon des informations révélées vendredi par la chaîne CNBC, cette nouvelle orientation stratégique est aussi imminente que controversée. A tel point que des sources proches du dossier associent notamment la démission d’Ivan Pictet de son poste de président de l’institution onusienne à ce virage inédit. La réforme aurait été poussée par un comité dépendant du directeur général du fonds, Sergio Arvizu. Elle ferait ainsi concurrence à l’unité d’investissement que présidait Ivan Pictet.

Interpellé lundi sur ces dires, l’ex-associé de la banque privée genevoise Pictet dément toute relation entre son départ et les querelles intestines secouant l’entité sise à New York. Sa démission intervient toutefois dans un contexte de crise, propice aux présomptions de conflit d’intérêt. Le directeur du Fonds de pension de l’ONU, Sergio Arvizu, est en effet accusé d’avoir commis de multiples irrégularités. L’organe de contrôle interne de l’ONU est en train d’enquêter sur cette affaire.

Le Fonds de pension de l’ONU gère environ 54 milliards de dollars. C’est l’une des plus importantes entités d’épargne retraite au monde. Le cabinet de conseil Buck Consultants doit livrer cet été à l’ONU une étude détaillant la meilleure approche pour investir dans des hedge funds. Soit des placements alternatifs considérés comme risqués. Mais qui tendent à offrir, en théorie, un rendement positif supérieur aux seuils classiques. Ce type de produit n’est pas aussi réglementé que les fonds d’investissement traditionnels. Réservé aux acteurs institutionnels ou aux grandes fortunes, il n’est pas destiné au public lambda.

Une diversification contrariée

Le désintérêt pour les autres classes d’actifs (cherté des actions, taux négatifs, forte volatilité des marchés, chute du pétrole, faiblesses de certaines monnaies, etc.) pousse aujourd’hui les investisseurs à davantage se tourner vers les hedge funds.

Toutefois, rappelle CNBC, cette industrie (fonds de hedge funds, principalement) a subi ces dernières années un déclin de popularité. En raison de frais de gestion jugés démesurés par rapport à un retour sur investissement – moins flamboyant – qu’attendu. Mais aussi à cause d’une surveillance jugée lacunaire, certains capitaux ayant été massivement investis dans le fonds spéculatif du célèbre escroc Bernard Madoff.