La nouvelle réglementation concernant la comptabilisation des fonds de pension au Japon aura probablement lieu dans le courant de l'année fiscale se terminant en avril 2000.

Du système de comptabilisation japonais actuel, les compagnies et le gouvernement devront passer au système américain. Une mine d'opportunités pour les investisseurs étrangers, car le problème des fonds de pension au Japon est d'envergure.

Sous-capitalisation

Les fonds de pension nippons fonctionnent selon le système du «defined benefit», un système clairement sous-capitalisé. Comme l'explique Alexandre Tavazzi, analyste chez Pictet & Cie, l'employé connaît le montant de sa retraite, indépendamment des rendements dégagés par les fonds investis car ces derniers sont comptabilisés à leur valeur d'achat. Les fonds de pension nippons ne tiennent pas compte de l'inflation ou des taux d'intérêt. Au contraire du système de comptabilisation américain de «defined contribution», selon lequel les employés connaissent le montant de leurs contributions à leur pension, mais n'en connaissent pas la somme finale qui variera en fonction des rendements dégagés. Si les fonds de pension américains sont surtout investis dans des actions, leurs confrères japonais le sont pour la plupart dans des obligations – dont les rendements avoisinent les 1,7 ou 1,8 au Japon.

D'après Alexandre Tavazzi le manque à gagner est énorme, se chiffrant à trois ou cinq ans des bénéfices nets pour de grandes sociétés comme Sony. «Les fonds de pension japonais devraient être plus agressifs dans l'allocation de leurs actifs, continue l'analyste. Et c'est là que des compagnies étrangères comme le Credit Suisse, Morgan Stanley ou Goldman Sachs peuvent décrocher des mandats car elles disposent de l'expertise et de la technologie requises.»

A.N.