ALTERNATIF

Fonds de placement. La CFB accepte le plus flamboyant gérant autrichien de hedge funds

Christian Baha, ancien policier, qui gère les Superfund et 1,4 milliard d'euros, est officiellement reconnu cinq ans après son arrivée.

Christian Baha est une légende dans les pays germanophones. Ce gérant autrichien de hedge funds a bâti sa réputation grâce à un fonds alternatif qui a réalisé une performance annuelle atteignant, pendant sa meilleure année, 63%. Un investisseur qui a participé depuis le début a aujourd'hui gagné 463%. Mais il est déçu depuis deux ans. Le produit-phare de Christian Baha a cédé 3,3% en 2005 et 5,7% en 2006. Dans son histoire, il a abandonné jusqu'à 16,7% en un seul mois.

Jusqu'en 1994, Christian Baha était policier. Il change alors diamétralement de carrière et développe avec un associé un logiciel d'analyse technique. Dès 1996, ils utilisent ce programme pour lancer dans leur pays un fonds de placement qui malheureusement débute son existence en recul. Quelques développements supplémentaires du logiciel permettent de déboucher sur un «système de transactions entièrement automatisé». Ce dernier table largement sur les matières premières, au travers de contrats à terme. Il exploite aussi les indices boursiers, les devises et les taux.

Les performances construisent alors la renommée de Christian Baha. Elles sont spectaculaires jusqu'en 2003 et restent confortables en 2004. Le succès conduit à fermer le fonds initial aux nouveaux investisseurs et à en créer d'autres. Le nom choisi pour ces véhicules de placement ajoute encore au mythe, la plupart s'appellent Superfund et se déclinent aujourd'hui en une trentaine de produits différents qui totalisent 1,4 milliard d'euros.

Pas de Superfund en Suisse

Mais un nom exubérant comme Superfund a aussi son revers en Suisse. Les autorités le voient d'un très mauvais œil, car il pourrait induire en erreur les naïfs. De plus, il faut que le nom d'un fonds donne une idée de son domaine d'investissement.

Mais la Commission fédérale des banques vient de jeter un regard plus bienveillant sur Quadriga - ainsi s'appelle la société en mains de Christian Baha. Cette autorité a admis officiellement la filiale suisse du groupe en tant que distributeur de fonds. Pourtant, la société existe en Suisse depuis plus de cinq ans, son bureau de Zurich compte 10 employés. La fortune qu'ils ont placée dans notre pays est estimée à une soixantaine de millions de francs. Même sans autorisation, la société avait le droit de vendre ses produits structurés au public, ils échappent à la loi sur les fonds.

Elle en propose un actuellement, le Quadriga Capital Protected I, son capital est garanti.

Le modèle d'affaire de Quadriga nécessite un grand nombre de revendeurs pour convaincre les acheteurs. La société emploie 370 personnes dans le monde, ce qui implique une moyenne de 3,6 millions d'euros de fonds de la clientèle par employé.

Cet automne, Quadriga espère obtenir l'autorisation de vente d'un nouveau fonds en Suisse. Il s'agira d'un fonds de fonds, largement investi dans les produits de la maison, mais il ne s'appellera pas Superfund.

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