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Image d'illustration. Des panneaux solaires à Pingdingshan, province du Hunan, en Chine, juin 2018.
© REUTERS / CHINA STRINGER NETWORK

Investissement

Les fonds de placement durables restent trop difficiles à analyser

Sélectionner des produits répondant aux critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance est d’autant plus complexe que leur mesure fait toujours l’objet de débats. Des experts détaillent leur méthodologie

La demande en fonds durables est en forte augmentation. L’épargnant qui cherche les meilleurs produits et les mieux adaptés à ses besoins procède au même travail de sélection que pour d’autres fonds en y ajoutant des critères supplémentaires. Alors que l’offre de produits responsables s’est grandement élargie ces dernières années, «distinguer les fonds de placement qui ont effectivement une approche durable demande un minimum de recherche d’informations», expose David Jeannet, analyste en investissement socialement responsable (ISR) chez Mirabaud.

L’investisseur doit d’abord clarifier sa propre approche. Il peut choisir d’exclure des industries qui ne correspondent pas à son éthique personnelle ou au contraire de privilégier les sociétés qui génèrent un impact social ou environnemental positif. Les labels ESG existants peuvent aussi faciliter la sélection.

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Nombreuses sources d’information

«Cependant, comme dans l’agroalimentaire, il faut savoir les distinguer. Il est important de s’informer sur la méthodologie utilisée et les critères retenus», poursuit David Jeannet. Le groupe d’experts à haut niveau sur la finance durable de la Commission européenne préconise d’ailleurs d’améliorer l’encadrement de ces labels pour permettre aux investisseurs de repérer plus facilement les produits et stratégies réellement durables.

Les agences de notation spécialisées peuvent apporter une valeur appréciable, avec le risque toutefois de privilégier les entreprises qui produisent un grand nombre de données. De nombreuses plateformes spécialisées fournissent des informations générales, à l’instar de Swiss Sustainable Finance, Eurosif ou Novethic, alors que d’autres émettent des opinions sur des produits, telles Climetrics, yourSRI ou Partners for Sustainability, par exemple.

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Certification indépendante

La problématique principale dans le domaine de l’ESG est l’absence de consensus méthodologique. Beaucoup d’acteurs, y compris les fournisseurs d’indices, essaient de prendre la main sur le sujet et d’imposer leur norme.

«Dans un monde idéal, il me paraît important de séparer les fonctions de construction de portefeuille et l’évaluation sur la base de critères extra-financiers», propose Jean-René Giraud, directeur général de TrackInsight. La seule approche qui lui paraît acceptable est une certification par un organe indépendant, certification qui doit être prise en charge par l’investisseur pour assurer une totale indépendance par rapport au sponsor du produit. Selon lui, des sociétés comme Conser, en Suisse, réalisent ce genre de prestations et peuvent tout à fait appliquer leur méthodologie indépendante à des ETF comme ils le feraient sur des fonds actifs.

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Pour un intermédiaire financier, une autre voie consiste à définir sa propre méthodologie. Depuis 1997, Lombard Odier acquiert les données extra-financières produites par des fournisseurs d’informations spécialisés et les analyse pour établir sa propre note. Après en avoir déduit trois notes, en matière d’environnement, de social et de gouvernance, la division d’asset management du groupe a créé une nouvelle méthodologie en 2012.

Conscience, action ou résultat

«Sur la base des mêmes 115 informations extra-financières, nous avons cherché à déterminer si elles correspondaient à une prise de conscience, une action ou un résultat. Cela permet de savoir à quelle étape se situe une société», décrit Robert de Guigné, responsable des solutions ESG chez Lombard Odier Investment Managers.

A titre d’exemple, une participation à une conférence sur le climat relève de la prise de conscience. Mais la mise en place d’un objectif de réduction des émissions de CO2 constitue une action. Et la mesure chiffrée de cette baisse un résultat. «Nous cherchons surtout à analyser les programmes mis en place par les entreprises, afin de comprendre comment ils favorisent sur le long terme l’environnement, le social ou la gouvernance. Nous les rattachons ensuite à chacun des 17 Objectifs de développement durable de l’ONU», résume Robert de Guigné.

La décomposition selon l’approche CAR (conscience – action – résultat) de la note finale ESG permet une analyse plus efficace. Les équipes de gestion intègrent ces données, sans compromettre la performance. Comment? En évitant les titres les moins performants, ou en investissant par secteur, voire en éliminant les sociétés qui font l’objet de sévères controverses. Chaque équipe détermine sa stratégie, mais la philosophie reste commune.


Collaboration: Sébastien Ruche.

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