Les Exchange traded funds (ETF) n'honorent pas tous leurs promesses. Qui trop embrasse mal étreint: il faut se méfier de ces ETF qui englobent trop de marchés boursiers et qui prétendent suivre au plus près un indice international. Ils ne sont pas appropriés «à des investisseurs poursuivant une stratégie d'investissement passive à court terme», met en garde Aureliano Gentilini, de Lipper. Avec son collègue Lucas Garland, ils ont étudié les cours de 21 ETF traités en Europe.

Une «prime» ou une «décote»

Contrairement à ce qu'affirment les émetteurs de fonds indiciels cotés, certains prix dévient de la valeur théorique qu'ils devraient avoir s'ils collaient parfaitement à leur indice. On parle alors de prime ou de décote. Sur des laps de temps limités, les fonds indiciels cotés se comportent comme des fonds fermés. Pendant ces périodes, ils se distinguent des fonds de placement classiques, qui sont dits ouverts. Chez ces derniers, le nombre de parts en circulation correspond exactement à la demande les investisseurs. Pour un ETF, la création ou la destruction du nombre de parts nécessaires ne sont pas permanentes, elles dépendent du bon vouloir des professionnels. Simultanément la demande varie au cours d'une seule journée.

Un ETF se traite à deux prix différents, le cours acheteur, celui que paie le public, et le cours vendeur, celui qu'il reçoit quand il revend ses parts. Plus cet écart est grand, plus l'ETF est coûteux pour l'investisseur.

Les auteurs de l'étude relèvent que les fonds cotés basés sur des indices internationaux sont pénalisés par plusieurs facteurs. Des ETF échangés sur des bourses européennes et contenant des titres japonais sont traités alors même que ce dernier marché est fermé. Ils sont aussi affectés par les variations de taux de change. L'indice des valeurs technologiques Nasdaq 100 est particulièrement difficile. De nombreux titres le composant sont vendus à découvert, ce qui accroît l'écart entre la valeur théorique de l'ETF et celle à laquelle il est échangé.

L'écart risque d'être exploité

Outres ceux qui se basent sur des indices internationaux, deux autres catégories manquent leurs promesses. Il s'agit tout d'abord des ETF adossés à un indice national mais traités dans une autre bourse. La seconde catégorie englobe les fonds indiciels basés sur des marchés obligataires.

Du côté des ETF calqués sur un marché national d'actions et traités sur leur bourse indigène, la situation est nettement plus satisfaisante.

Des recherches plus approfondies pourraient permettre aux émetteurs et aux teneurs de marché, qui sont des acteurs essentiels pour les ETF, d'exploiter la volatilité de ces fonds. Cela leur donnera l'occasion de générer des bénéfices au détriment des investisseurs. Ces derniers peuvent très bien ne pas s'en apercevoir: ils gardent leurs fonds longtemps.