Les fondations de placement suisses, utilisées pour financer les retraites, viennent de voir leur fortune diminuer de 3 milliards de francs. Presque simultanément, 12 milliards de placements étaient réorganisés. Sous les coups de UBS et de Swisscanto, les fondations de placement vivent une période mouvementée.

UBS a transformé ses fondations de 3e pilier a, en fonds. Cette dernière forme juridique «offre une plus grande flexibilité au client, explique Bea Gerber, une responsable des produits de prévoyance de la banque. Dans le cas de la fondation, le client est obligé de vendre ses placements quand il a atteint l'âge de l'AVS. Avec un fonds, il peut les garder.» Les fondations permettent à tout un chacun de mettre de l'argent de côté pour sa retraite, 6192 francs par an pour les salariés. Les impôts sur cette épargne sont différés et réduits. Certains fonds de placement, qui sont soumis aux règles de la prévoyance professionnelle, offrent le même avantage fiscal. Dans le cas de UBS, près de 3 milliards de francs, soit 22% de la fortune qui était gérée par la banque sous forme de fondation, ont passé d'un système à l'autre. Quatre fonds, les UBS Vitainvest, ont été créés pour l'occasion. Principalement destinés aux particuliers, ils sont aussi vendus aux caisses de pension.

«Ce mouvement coïncide avec la prochaine arrivée à la retraite des baby-boomers, explique Pascal Frei, un consultant pour investisseurs institutionnels chez Watson Wyatt. «L'avantage du fonds face à la fondation est réelle», note Bea Gerber. «D'autre banques pourraient suivre le mouvement dans les prochains mois, selon Pascal Frei. Elles éviteront ainsi que des clients ne retirent leur argent.» Mais c'est un processus qui ne se fera pas du jour au lendemain, il faut compter de 9 à 12 mois entre le moment où la décision est prise et celui où les autorisations sont obtenues.

Swisscanto, de son côté, poursuit un mouvement plus général. Sa fondation de placement n'investi plus en direct, elle ne détient plus elle-même ses actions et ses obligations, mais elle achète des parts de fonds de placement. Un processus que Credit Suisse avait déjà largement mis en place en 2005. Ce moyen a permis à Swisscanto, le gérant des banques cantonales, de reconquérir sa troisième place sur le marché suisse des fonds de placement. Avec un apport immédiat de 12,3 milliards de francs, sa fortune sous forme de fonds, a progressé d'un tiers.

L'investissement à travers des fonds permet d'économiser le droit de timbre, ils en sont exemptés. Payé par les fondations à l'achat et à la vente, il est partagé entre les deux parties qui effectuent la transaction. Il s'élève à 0,15% pour les titres étrangers et à 0,075% pour les titres suisses. Sur 10 ans, l'avantage fiscal peut représenter un gain de performance de 1%. Les fonds sont également exemptés de la TVA sur les frais de gestion.