Ils étaient nombreux jeudi matin à se presser au portillon du Kongresshaus de Zurich, où se déroule pour la troisième année consécutive le Salon des fonds de placement suisses «Fonds'01». «Nous ne sommes qu'à la mi-journée et le nombre de personnes est déjà impressionnant», constate Gery Odermatt, directeur adjoint de Lombard Odier & Cie. La banque a été l'une des premières à répondre présent il y a quatre ans au Salon, qu'elle sponsorise depuis le début. «Au début, il était difficile de trouver des sponsors. Mais dès la deuxième année, d'autres banques ont manifesté leur intérêt.» Et pour cause. Selon Gery Odermatt, la qualité du Salon s'améliore: «Le nombre de professionnels augmente. Il y en avait plus ce matin que lors des années précédentes.» Environ 9000 entrées ont été enregistrées l'année dernière. Selon les organisateurs, la barre des 10 000 devrait être franchie cette année.

Une concurrence rude

Et pourtant, selon d'autres promoteurs de fonds, le Salon attire également un nombre croissant d'investisseurs privés. Sur les douze personnes qu'emploie le stand de UBS, affirme Adrian Bosshard, conseiller en investissement, huit sont responsables de la clientèle privée et quatre autres travaillent avec la clientèle institutionnelle. Les organisateurs du stand ont doublé la mise cette année en occupant un espace de 66 mètres carrés contre 33 l'année dernière et triplé le nombre de représentants sur place. La campagne de publicité a été davantage orientée vers la clientèle privée cette année, en étant diffusée à large échelle dans les journaux, sur Internet ou encore dans des émissions de télévision comme «Money» de Tele24. Tous frais inclus, la banque a investi pas moins de 500 000 francs suisses dans «Fonds'01». D'autres promoteurs comme Merrill Lynch Investment Managers affirment n'avoir dépensé que 10 000 à 15 000 francs et Pictet Asset Management de 25 000 à 30 000 francs. Un investissement dont le retour est quasiment impossible à mesurer. «Le Salon nous permet d'avoir un contact direct avec les clients, de mieux comprendre leurs besoins ainsi que de voir ce que la concurrence propose», résume Therese Gerber, directrice de Merrill Lynch Investment Managers à Zurich.

Le salon permet également de dégager les nouvelles tendances concernant les produits. A la mode: la vente de fonds autres que ceux de la banque elle-même (comme le Fund Lab du Credit Suisse), les fonds sectoriels, écologiques ou éthiques, et ceux qui misent sur les tendances futures comme l'industrie des personnes âgées (santé, biotechnologie, fonds de pensions) ou télécommunications. Mais la concurrence entre promoteurs est rude et pour les non-initiés, la multitude d'offres proposées fait vite perdre pied.