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«L’agriculture actuelle détruit notre santé, l’environnement et les animaux. Nous sommes capables de produire de la viande plus sûre et meilleure pour la santé tout en réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre» 
© Beck Diefenbach / Reuters

alimentation

Avec la foodtech, la Silicon Valley veut révolutionner nos assiettes

Le potentiel innovant de la Californie ne cesse de s’étendre. Après la communication, les transports ou l’énergie, l’agroalimentaire suscite logiquement l’intérêt des start-up de la région

Les végétariens qui ont eu l’occasion d’y goûter avouent volontiers leur hésitation. L’Impossible Burger ne contient pas le moindre gramme de viande mais il a tout du hamburger classique, même le goût. C’est justement l’effet recherché par Patrick Brown. Cet ancien professeur de Stanford a fondé Impossible Foods en 2011 pour séduire les végétariens sans faire fuir les carnivores, un marché bien plus large. L’industrie du bœuf représenterait 88 milliards de dollars.

Selon Technomic, un cabinet de conseil spécialisé dans l’alimentaire, 42% des consommateurs américains mangent du tofu ou des burgers végétariens à l’occasion. La recette de Patrick Brown à base de blé, noix de coco, pomme de terre et racine de soja a su convaincre des investisseurs, dont Bill Gates. Sa start-up a déjà levé plus de 180 millions de dollars.

«Avec la hausse de la demande en viande et la croissance rapide de la population mondiale, nous devons trouver un meilleur moyen de nourrir tout le monde avec une alimentation abordable et nourrissante qui pèse moins sur notre environnement», raconte au Temps Lance Ignon, un porte-parole d’Impossible Foods.

Des plats plus écolos

La start-up a fait le choix de s’installer dans la Silicon Valley, terre de microprocesseurs et de lignes de code, plutôt que de champs et de troupeaux. «La région de San Francisco est connue à travers le monde pour attirer et soutenir les innovateurs et les visionnaires qui veulent créer des technologies révolutionnaires pour améliorer la condition humaine», explique Ignon.

Le processus de fabrication utiliserait trois fois moins d’eau et seulement un douzième des terres nécessaires à la production de viande bovine. Mais ces économies n’auront un effet significatif sur la planète qu’à condition d’atteindre une production de masse. Or l’Impossible Burger n’est disponible que dans quatre restaurants, des établissements haut de gamme, à New York, San Francisco et Los Angeles.

Des crevettes à base d’algues créées en laboratoire

Memphis Meats, qui développe de la viande à partir de cellules animales, affiche des ambitions similaires. «L’agriculture actuelle détruit notre santé, l’environnement et les animaux. Nous sommes capables de produire de la viande plus sûre et meilleure pour la santé tout en réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre», annonce son patron Uma Valeti.

Mais la révolution devra encore attendre. «On cherche à réduire nos coûts de production. La viande produite sera un jour moins chère que la viande classique mais il va falloir de la recherche et développement pour y arriver», prévient Uma Valeti.

Dominique Barnes, elle, espère que ses fausses crevettes arriveront dans le commerce dès 2017. Cofondatrice de New Wave Foods, elle a fait le choix de se concentrer le fruit de mer le plus vendu dans le pays. Ses crevettes sont créées en laboratoire à partir d’algues. Le goût a convaincu Google qui en a commandé pour sa cafétéria.

New Wave Foods a grandi à San Francisco, au sein de l’incubateur IndieBio. L’équipe a eu quatre mois et 250000 dollars pour mettre au point un prototype présenté ensuite à des investisseurs. «Nos échantillons ont plu. Mais quand vous lancez un business il faut réfléchir à votre marché, détaille Barnes. On a choisi les produits surgelés. D’abord parce que c’est plus facile à conserver et ensuite pour coller aux habitudes des consommateurs avec ce genre de produits.»

Lire aussi: Mon repas avec des robots

Beyond Meat, Clara Foods, Gelzen, Soylent, les start-up de l’agro-alimentaire sont nombreuses dans la Silicon Valley. Mais la plus grande réussite du secteur s’appelle Hampton Creek. Sa mayonnaise vegan, Just Mayo, se retrouve dans 30000 magasins dont les chaînes de supermarchés Walmart et Target. Le géant Unilever s’agace de la concurrence de cette start-up à la croissance canon qui a même refusé une généreuse offre de rachat de Google.

Sauf que la belle histoire a ses zones d’ombre. Des dirigeants sont accusés d’avoir racheté en grande quantité des produits Just Mayo et Just Cookies pour faire gonfler les ventes et attirer des investisseurs.

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