Droits sportifs

Foot à la TV, Teleclub s'explique: «Ce n’est pas la fin de la Ligue des champions en libre accès»

Sven Schaeffner, responsable de l’acquisition des droits sportifs chez Teleclub, indique que certains matches ont été achetés de manière co-exclusive. Ils devraient donc encore pouvoir être diffusés sur le service public

Teleclub chamboule le paysage médiatico-sportif. Depuis mardi, on sait que la filiale de Swisscom a acquis les droits de diffusion en Suisse de la Ligue des champions et de l’Europa League dès la saison 2018-2019, ainsi que pour les deux suivantes. Teleclub dispose désormais d’une offre de 205 matches d’Europa League et de 138 matches de Ligue des champions par an.

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Actuellement autorisée à diffuser deux matches de son choix par semaine, la SSR devrait donc voir sa couverture considérablement réduite, dès la fin de la saison prochaine. Sven Schaeffner, responsable de l’acquisition des droits sportifs chez Teleclub, tient à relativiser. Et explique que Teleclub se devait d’acquérir ces droits, pour résister à la concurrence nationale et internationale.

Le Temps: Etes-vous conscient que le passage de la Ligue des champions dans le giron d’une télévision payante est un bouleversement pour les téléspectateurs suisses?

Sven Schaeffner: Oui, nous en sommes conscients, nous l’avons bien saisi. Mais je souhaite relativiser un peu. A partir de 2018-2019, toute la Ligue des champions ne disparaît pas derrière la télévision payante. Certains matches ont été négociés de manière co-exclusive.

Vous êtes donc ouverts à l’idée de céder une sous-licence à la SSR, comme c’est le cas pour le football suisse?

Non, ce n’est pas le même modèle de contrat. Mais co-exclusif signifie que l’UEFA peut encore vendre les droits de quelques matches à un autre diffuseur, donc j’imagine que la SSR va s’y intéresser. Ce n’est pas la fin de la Ligue des champions en libre accès.

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Les abonnés à Swisscom TV peuvent déjà voir des matches de Ligue des champions. Pourquoi, alors, avoir acheté l’entier des droits?

Pour le moment, on peut voir ces matches grâce à notre partenariat avec Sky. Mais on ne pouvait pas prendre le risque de tout miser sur le fait que Sky allait continuer indéfiniment.

Cette acquisition est-elle une réponse à la perte du hockey sur glace suisse, l’année dernière, à la faveur d’UPC?

Ce n’est pas directement lié. Ce n’est pas l’argent que nous avons économisé sur le hockey qui nous a permis d’acheter le football européen. Et d’ailleurs, nous avons encore la NHL et les Championnats du monde de hockey, notamment.

Pourquoi cet investissement, alors?

Il est assez évident que le football devient notre priorité stratégique. Plus globalement, l’objectif est que notre offre sportive reste attractive dans un contexte de concurrence forte. Et pas seulement en Suisse, mais aussi à l’international. Vous connaissez certainement DAZN [un site de streaming], qui vient d’acheter les droits de la Ligue des champions en Allemagne? On imagine qu’ils se sont aussi positionnés pour le marché suisse.

Est-ce qu’on peut imaginer un échange avec UPC, qui vous céderait des matches de hockey contre des matches de Ligue des champions?

Je ne peux pas m’exprimer sur cette question. Elle dépendra aussi de la décision de la Commission de la concurrence [elle enquête sur des soupçons d’abus de position dominante d’UPC dans le hockey, à la suite d’une plainte de Swisscom].

Teleclub promet qu’une partie des matches seront retransmis gratuitement sur la chaîne Teleclub Zoom. Combien exactement?

La finale de la Ligue des champions, c’est certain. Pour le reste, ça dépendra de notre programme rédactionnel. Il est un peu tôt pour se prononcer.

Est-ce que Teleclub va participer à des enchères encore plus importantes à l’avenir? Pour l’Euro, la Coupe du monde ou les Jeux olympiques?

Je ne veux rien exclure, mais il est aujourd’hui difficile de répondre de manière définitive. Dans ce métier, le contexte évolue très vite. Pour le moment, en ce qui concerne ces événements, la notion de service public reste importante.

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