Forbo a vécu l'année 1997 au rythme des restructurations et des désinvestissements. Le spécialiste des revêtements de sol a dégagé l'an dernier un cash-flow de 175,6 millions de francs (+3%), a indiqué lundi à Zurich Karl Janjöri, vice-président du groupe. Le bénéfice, après une charge de 20,1 millions consécutive à la vente du domaine des laminés, s'est élevé à 41,1 millions (+33%). Quant au chiffre d'affaires, il a augmenté de 6% pour atteindre 2,028 milliards de francs. Le conseil d'administration proposera le versement d'un dividende inchangé de 19 francs par action nominative.

Forbo, qui tire 59% de ses ventes des activités aménagement du bâtiment et 41% des spécialités pour l'industrie, a réussi à améliorer légèrement ses résultats dans un environnement en stagnation, s'est réjoui Karl Janjöri. Toutefois, malgré la stabilité des prix des matières premières, les marges brutes n'ont pas pu être maintenues, a-t-il ajouté. L'occasion pour Jan E. Sångberg, responsable du développement du groupe, de rappeler la stratégie de Forbo: les activités qui ne génèrent pas des bénéfices satisfaisants et ne permettent pas de dégager des synergies avec le reste du groupe seront vendues. Cette politique s'est traduite en 1997 par la cession de plusieurs sociétés en Suisse, en France et en Allemagne. Ces cinq entreprises totalisaient un chiffre d'affaires de 181 millions. Elles auraient pesé de 25,1 millions sur le bénéfice brut. A cette occasion, 1256 collaborateurs ont quitté le groupe qui employait 6962 personnes à fin décembre 1997.

D'autres désinvestissements sont prévus dans les deux à trois mois à venir: la fabrique de parquets à Joinville (F) et celle de revêtements muraux à Lancaster (GB). Le groupe espère ainsi améliorer sa capacité bénéficiaire. Ce que confirme Thomas Baumann, analyste à la Banque Julius Bär. «Les activités que Forbo souhaite vendre, l'usine de Lancaster et celle de Joinville, ont été déficitaires en 1997. Je m'attends donc à une nette amélioration du résultat en 98.» Gerold Zenger, directeur financier de Forbo, a indiqué lundi qu'il visait un bénéfice de 80 à 90 millions de francs.

Forbo recentre ses activités sur des domaines clés, mais les dirigeants de Forbo ont précisé qu'ils désiraient poursuivre la diversification géographique. Actuellement, 83% du chiffre d'affaires est réalisé en Europe même si l'exercice 97 a été caractérisé par une forte croissance des ventes en Amérique, en Europe de l'Est et en Russie. Cette stratégie devrait se traduire par une expansion dans de nouveaux marchés, par des acquisitions et des joint-ventures comme celui que Forbo a conclu en Chine pour la construction d'une usine de tapis roulants dont la production commencera en avril.

Lundi, la Bourse suisse n'a pas réagi à l'annonce des résultats. Après une progression fulgurante de 47% depuis le début de l'année, l'action nominative Forbo a clôturé inchangée à 860 francs. Un titre qui, selon Thomas Baumann, n'est pas surévalué et qui possède encore un potentiel de hausse.