Cette annonce intervient au moment où le président élu américain Donald Trump accentue sa pression sur les grands groupes américains afin qu’ils rapatrient leurs usines aux Etats-Unis, prenant tout particulièrement pour cible leurs investissements au Mexique.

Deuxième groupe automobile américain, Ford semble avoir entendu le message en revenant sur sa décision annoncée en avril de construire une usine à San Luis Potosi, au centre du Mexique, où il devait créer 2.800 emplois directs et investir 1,6 milliard de dollars.

Dans un communiqué, le groupe assure désormais qu’il utilisera près de la moitié de cette somme (700 millions de dollars) pour augmenter les capacités de son usine de Flat Rock située dans le Michigan, un Etat du Nord des Etats-Unis durement frappé par la désindustrialisation et où Donald Trump avait obtenu une victoire cruciale à la présidentielle.

Il maintiendra cependant en partie son projet de transférer la production de ses petites voitures au Mexique en faisant fabriquer son modèle Focus dans son usine existante de Hermosillo au lieu de la nouvelle initialement prévue à San Luis Potosi.

«Cela fera de la place pour deux nouveaux produits dans l’usine d’assemblage de Wayne, dans le Michigan, où la Focus est fabriquée aujourd’hui en préservant environ 3.500 emplois aux Etats-Unis», indique le communiqué de Ford.

Le PDG de Ford a assuré avoir pris cette décision en toute «indépendance». «Nous n’avons pas conclu d’accord avec le président élu», a affirmé dans un entretien avec la chaîne CNN Mark Fields, reconnaissant toutefois en avoir discuté mardi avec le vice-président élu Mike Pence.

«Nous avons fait ce qui est bon pour nos affaires, avant toute chose», a encore affirmé le PDG, justifiant ce changement de cap par «un environnement plus positif pour l’industrie manufacturière et l’investissement» aux Etats-Unis.

Cet investissement étalé sur quatre ans devrait créer 700 nouveaux emplois dans le Michigan et a été aussitôt salué par un des responsables du grand syndicat de l’automobile UAW chez Ford.

Pendant la campagne, mi-septembre, le candidat populiste s’en était directement pris à Ford en affirmant qu’il «ne fallait pas laisser» le constructeur délocaliser ses usines au Mexique, où la main d’oeuvre est bien moins coûteuse qu’aux Etats-Unis.

Peu après la victoire du candidat populiste le 8 novembre, M. Fields lui avait indirectement répondu en affirmant qu’il ne reviendrait pas sur ses projets d’investissements au Mexique.

A la mi-novembre, le président élu avait déjà revendiqué une première victoire contre Ford en assurant avoir obtenu le maintien dans le Kentucky (centre-est) d’un site d’assemblage, selon lui, en partance pour le Mexique.

Son grand rival General Motors n’a pas non plus été épargné et s’est retrouvé mardi dans le collimateur du futur président américain, qui l’a menacé de sanctions douanières s’il ne fabriquait pas aux Etats-Unis les voitures qu’il y vend.