C'est devenu un leitmotiv. Pour maintenir son employabilité sur le marché du travail, il faut se former tout au long de la vie. Du côté de l'offre, il y a surabondance. La Bourse suisse de perfectionnement professionnel bop.ch a recensé pas moins de 30?000 formations continues sur tout le territoire. A lui seul, le canton de Genève compte 240 écoles et académies privées, institutions, associations professionnelles et centres d'enseignement spécialisés dans la formation continue d'adultes. Sans compter l'offre de l'Université de Genève, qui est passée en une décennie de 31 cours à 186 programmes pour un montant d'inscription de plus de 8,5?millions de francs. Du stylisme à la gestion de fortune, en passant par les langues, l'informatique, le droit ou le développement de soi, comment trouver la bonne filière? D'autant que, si l'on opte pour une formation longue avec certificat à la clé, l'investissement, en temps et en argent, est lourd.

? Se motiver

«A l'origine de la décision de suivre une formation continue, il y a soit la motivation, soit une obligation, parce que l'on se retrouve au chômage par exemple, explique Norbert Genoud, responsable romand de la Fédération suisse pour la formation continue (FSEA). Nous avons remarqué que les personnes ayant la motivation comme seul moteur n'allaient pas jusqu'au bout de leur cursus.» A preuve, des taux de désaffection élevés, notamment dans le e-learning où 75% des candidats abandonnent rapidement. «C'est pourquoi nous préconisons que le candidat soit pris en main par un conseiller.»

? Se préparer

«Une formation n'est pas un but en soi, mais un moyen d'atteindre ses objectifs professionnels», renchérit Jean-Pierre Cattin, directeur du Centre de bilan de Genève (Cebig). Elle doit s'insérer dans une réflexion plus large sur son activité professionnelle, ses objectifs et ses besoins.» Le Cebig propose une démarche approfondie en ce sens, un bilan individuel permettant de mieux clarifier son profil, et une analyse de ses compétences afin de déterminer celles qui seraient à renforcer.

Dès mars?2005, l'Office d'orientation et de formation professionnelle (OOFP) de Genève disposera également d'un service de conseil aidant les candidats à élaborer un projet de formation, à identifier ce qui correspond le mieux à leurs besoins. «Cette réflexion peut aussi se faire individuellement, car elle dépend du niveau de la formation souhaitée et de la maturité de son projet, renchérit Grégoire Evéquoz, directeur de l'OOFP, mais elle reste indispensable.» Et attention au miroir aux alouettes: il ne sert à rien de se former dans un domaine qui n'a pas de débouchés sur le marché du travail.

? Choisir sa formation

Une fois le projet de formation élaboré, reste à choisir le type de cursus que l'on veut suivre. La première question est de savoir si la formation aboutit à une certification ou à une reconnaissance quelconque, utilisable ensuite sur le marché du travail. Un indice: que le contrôle des connaissances soit bien organisé et sanctionné par un examen. «Le candidat peut aussi s'informer sur les entreprises qui engagent sur la base de ce diplôme», poursuit Grégoire Evéquoz. La seconde question, indispensable, est de déterminer si l'on ne suit pas cette formation uniquement pour couronner d'un diplôme des connaissances que l'on possède déjà.

? Choisir son école

«Nous proposons généralement aux gens de s'intéresser aux cursus des universités ou des HES. Les associations professionnelles mettent également sur pied d'excellentes formations, déclare Norbert Genoud. Il faut faire attention aux petits cours qui fleurissent au gré des modes.» Critère indispensable, l'école doit avoir obtenu une certification de qualité, comme Eduqua. Les instituts certifiés sont soumis à un audit annuel, et le label peut en tout temps leur être retiré s'ils ne satisfont pas aux exigences. «Le candidat a également la possibilité de faire une petite enquête auprès des anciens étudiants de l'école pour déterminer si le cours les a aidés à évoluer», conseille Jean-Pierre Cattin. Si l'école refuse de transmettre leur nom, c'est déjà une indication.

? Veiller aux coûts

Un certificat de formation continue représente un investissement important. Il peut coûter plusieurs milliers de francs. Certaines entreprises disposent d'un fonds de formation dont l'employé peut bénéficier pour autant que les compétences acquises entrent dans le cadre de son plan de carrière. Les cantons offrent également une aide sous forme de prêts, d'allocations d'encouragement ou de bourses. «Il faut de toute manière négocier avec son employeur, si ce n'est une aide financière, du moins l'obtention des congés nécessaires à la poursuite des cours», souligne Norbert Genoud.

Le temps à disposition du candidat est également un facteur déterminant. Une formation continue demande une grande disponibilité, elle empiète sur le travail, la vie de famille, les loisirs. «A côté des cours, il y a les lectures, les exercices. C'est bien plus que le temps dévolu au programme», avertit Pierre Dominicé, directeur académique de la formation continue à l'Université de Genève. En conclusion, on n'obtient pas un diplôme pour la gloire, mais pour son utilité. Bien planifier sa formation permet d'éviter les désillusions.