Un master avec spécialisation en horlogerie, telle est la filière qui se met actuellement en place au sein de la HES-SO (Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale), entre le canton de Vaud et l'Arc jurassien. Face à une industrie horlogère en pleine expansion, l'objectif est de permettre aux titulaires d'un Bachelor of Science (BSc) d'acquérir des compétences de haut niveau, dans des domaines spécifiques en rapport direct avec les besoins des entreprises.

Le diplôme délivré sera un Master of Science in Engineering (MSE). Destinée aux ingénieurs, cette nouvelle formation permettra de se spécialiser directement dans les mécanismes de montres. Jusqu'à présent, il fallait déjà travailler dans l'horlogerie pour acquérir des connaissances pointues en la matière.

La formation durera trois semestres. Les cours théoriques se donneront très probablement dans le canton de Vaud et ils occuperont environ la moitié de ce temps. L'autre moitié sera consacrée à des projets de recherche industrielle. L'approfondissement technique sera assuré par les écoles sites de la HES-SO de l'Arc jurassien, au sein d'unités de recherche de niveau master baptisées MRU (Master Research Unit). Concrètement il s'agira de projets de recherche industrielle effectués sur mandat des entreprises.

Fondé au Locle au début de cette année, l'Institut d'horlogerie forme une de ces unités de recherche. Il collabore déjà avec de nombreuses marques horlogères de toute la Suisse, notamment pour des mandats de recherche appliquée en conception et simulation horlogère. A cela s'ajoutent des recherches en assemblage, production et robotique industrielle, ainsi qu'en ergonomie, design et habillage horloger.

Une dizaine de professeurs et autant d'assistants sont actifs dans cet institut, qui devrait déménager à moyen terme sur le site de Neode, à La Chaux-de-Fonds. Les principaux points forts de ce pôle de recherche sont la conception et la simulation horlogère, avec par exemple un laboratoire d'acoustique qui s'occupe de tester le bruit produit par les petits objets, dont les montres.

Le master doit encore être approuvé par la HES-SO, une décision qui doit être prise en principe ces jours. Les premières volées ont déjà entamé le bachelor. Celui-ci se fait en microtechnique avec option horlogerie et les étudiants pourront poursuivre avec le nouveau cursus dès l'an prochain. L'offre en matière de formation horlogère de haut niveau devrait d'ailleurs encore s'étoffer, avec un autre projet de master qui serait placé sous la responsabilité de l'Université de Neuchâtel.