Président de l’IAF et directeur général de Liechtenstein Life

Dans le secteur financier, le rythme de l’innovation ne cesse de s’accélérer. Les autorités de surveillance des marchés financiers donnent souvent le ton en édictant de nouvelles réglementations. Les exigences auxquelles sont soumis les conseillers financiers croissent en conséquence à tous les niveaux, ce qui requiert une mise en place flexible des profils d’emploi et d’activité concernés. Parallèlement, la qualité du service doit progresser car il s’agit de restaurer la confiance que les investisseurs, assurés et preneurs de prévoyance avaient perdue vis-à-vis du conseil et des instruments financiers pendant la crise financière.

L’engagement dans la formation: l’une des clés du succès

Les prestataires de services financiers qui souhaitent conserver leur compétitivité sur le long termesont par conséquent invités à s’engager systématiquement en faveur d’une qualité des emplois et des formations professionnelles dans leur secteur. Le transfert de connaissances à lui seul ne suffit pas. Il s’agit bien plus de pouvoir appliquer concrètement ces connaissances dans le processus de conseil. Pour développer la confiance, la crédibilité et l’adhésion du marché, il est essentiel que les cours soient reconnus par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) ou par un brevet ou un diplôme fédéral.

Des connaissances mises au banc d’essai

C’est dans ce contexte que diverses entreprises et associations du secteur des services financiers se sont regroupées dès 1996 au sein de la Communauté d’intérêt pour la formation dans le domaine financier (IAF). L’IAF met au point des profils professionnels orientés vers l’avenir. Elle propose divers examens professionnels et supérieurs dans les domaines de la planification et du conseil financier à destination des personnes privées et des PME, ainsi que dans le secteur des fonds de placement. Pour concevoir la structure des cours correspondante, l’IAF collabore avec des partenaires de formation reconnus et met à contribution des intervenants ainsi que des experts en examens dotés d’une expérience pratique. En effet, contrairement à d’autres formations, l’IAF n’adopte pas une approche purement académique: elle accorde une importance toute particulière à la pratique.

Développement en plusieurs étapes

Grâce au cours, les conseillers à la clientèle des banques et compagnies d’assurances, les agents ou les courtiers deviennent des conseillers financiers diplômés IAF, dont la certification est reconnue par la Finma. Cette formation constitue la base sur laquelle, au bout de plusieurs années d’expérience, ils peuvent évoluer vers la fonction de planificateur financier avec brevet fédéral. Par la suite, ils peuvent se perfectionner en tant qu’experts financiers pour les PME avec, à la clé, un diplôme fédéral. Ces certificats IAF sont reconnus par la Finma en tant que diplômes de formation pour l’obtention de l’autorisation de distribution de fonds de placement ou l’immatriculation en tant qu’intermédiaire d’assurance. Dans le cas des certificats de formation de niveau supérieur, les diplômés apportent la preuve, dans le cadre d’études de cas, qu’ils sont en mesure d’élaborer des propositions de solutions adaptées à des problématiques pratiques. Chaque année, plus de 300 conseillers financiers reçoivent un diplôme IAF. En outre, 200 planificateurs financiers obtiennent le brevet fédéral et près de 10 experts financiers pour les PME obtiennent le diplôme fédéral.

Justifier ses compétences doit devenir une obligation légale

Dans son document de prise de position de février 2012 concernant le projet de loi sur les prestations de services financiers, la Finma se prononce en faveur d’une justification obligatoire des compétences par le biais d’un examen pour toutes les personnes conseillant des clients dans le domaine financier. Dans le but d’instaurer une coordination généralisée des qualifications propres au secteur, l’IAF apporte sa pierre à l’édifice en mettant à disposition ses compétences et ses années d’expérience.

Mesure pour rétablir la confiance

L’IAF se félicite que chaque personne amenée à conseiller des clients dans le domaine financier, à l’instar d’autres groupes professionnels tels que les médecins et les avocats, soit également dans l’obligation, à l’avenir, de justifier de ses compétences vis-à-vis de ses clients par un certificat reconnu. Jusqu’à présent, les certificats de formation dans le domaine financier servaient avant tout d’arguments marketing. Ils sont désormais une obligation légale. Les investisseurs, assurés et preneurs de prévoyance doivent pouvoir se fier à une certification qui fasse office de norme et de label de qualité en matière de conseil pour toutes les questions financières. Tout comme le patient a confiance en son dentiste et en sa maîtrise de ses instruments, le client du prestataire de services financiers doit avoir l’assurance que son conseiller financier connaît son «business». La simple accumulation de connaissances ne génère aucune valeur ajoutée pour les clients. Pour être sûr, le processus de conseil réclame une forte orientation pratique. Si le secteur réussit à rétablir cette confiance côté client, les investisseurs, assurés et preneurs de prévoyance n’auront pas besoin de devenir eux-mêmes spécialistes des questions financières.