Fort de 100 millions d’utilisateurs, Evernote s’étend depuis Zurich

Internet Le service de partage de notes a installé en Suisse son siège européen

La société cherche à convertir les utilisateurs à ses services payants

Une toute petite plaque à l’entrée de l’immeuble. A deux pas de la gare de Zurich, Evernote se fait discret. C’est pourtant ici que la multinationale américaine a installé, il y a trois ans, son siège pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Fort de plus de 100 millions d’utilisateurs au niveau international, Evernote compte se développer en Suisse. «Lorsque Evernote a démarré ses activités en Suisse en 2012, j’étais la première et seule employée, sourit Cristina Riesen, responsable du bureau de Zurich. Aujourd’hui, nous sommes vingt employés ici, dont la moitié est des ingénieurs.

Evernote a débuté à Zurich sur un étage, puis s’est étendu sur deux, sur 600 m2 au total. «Nous avons largement de la place pour recruter davantage d’employés, poursuit la directrice. Zurich va rester notre plus grand centre hors des Etats-Unis.» Evernote, créé en 2007, compte aujourd’hui 400 employés au total. Son siège se trouve à Redwood City (Californie). «C’est à Zurich que nous avons développé le mode «Présentation», qui permet, en quelques clics, de transformer des notes en une présentation à partager avec ses collègues», explique Cristina Riesen.

Aujourd’hui, Evernote, disponible tant sur ordinateur que sur smartphone, permet de faire un peu de tout: prise de notes, partage de photos, scan de documents manuscrit, travail collaboratif… Au risque de se disperser? «Je ne crois pas, affirme la directrice. Certes, certains de nos concurrents, tels Google ou Microsoft, proposent certains de ces services. Mais nous sommes les seuls à les proposer de manière totalement intégrée, et surtout en y ajoutant de l’intelligence artificielle. Evernote vous suggère des informations qui se trouvent dans d’autres notes et facilite le travail collaboratif.»

La fiscalité a-t-elle été un argument pour s’implanter en Suisse? «Oui, mais pas seulement. La qualité des ingénieurs et des infrastructures a aussi joué un rôle important, affirme Cristina Riesen. Nous sommes déterminés à demeurer en Suisse et à nous y développer.» Evernote veut prouver son attachement à la Suisse en organisant régulièrement, dans ses locaux, des rendez-vous avec des start-up basées à Zurich. Le service de base d’Evernote est gratuit. Pour avoir accès à des fonctions additionnelles, il faut souscrire à un abonnement: 5 francs par mois ou 44 francs par an pour les abonnements Premium. Pour les clients entreprise, le coût est de dix francs mensuels par utilisateur.

Evernote ne donne pas d’indications sur son chiffre d’affaires. D’après un récent article du Wall Street Journal, 70% des revenus proviennent des utilisateurs payants, 15% des clients entreprises – dont Freitag, en Suisse – et 15% via des objets physiques – dont des stylos et d’autres articles vendus avec le logo d’Evernote. La société affirme ne pas faire de démarchage direct auprès d’entreprises à la recherche de nouveaux outils collaboratifs. Et la publicité? «Il est exclu pour nous d’afficher des annonces pour nos utilisateurs qui emploient notre service gratuitement, affirme Cristina Riesen. Nous sommes pour l’heure satisfaits de notre modèle d’affaires.»

La société, qui a été financée à hauteur de près de 300 millions de dollars via plusieurs tours de table, envisage-t-elle une entrée en bourse? «A moyen terme, peut-être, mais il n’y a pour l’heure aucun plan précis. Nous voulons poursuivre notre développement et accroître notre base d’utilisateurs», affirme la directrice.

Disponible sur toutes les plateformes, Evernote vise désormais les «wearables». «Nous avons déjà lancé une application pour les Google Glass et une autre pour la future Apple Watch, dit la directrice. Nous croyons beaucoup à ces nouvelles façons d’interagir avec notre service, sans que l’on tombe dans le gadget.»

Evernote organise régulièrement, dans ses locaux, des rendez-vous avec des start-up basées à Zurich