«Nous venons de terminer avec succès une phase de consolidation, tournée vers l'intérieur, afin de réduire les risques. Sur cette base, nous souhaitons maintenant profiter pleinement des nouvelles opportunités qui s'offrent à nous», a affirmé mercredi Heinrich Fischer, président de la direction de Saurer (TG), lors de la présentation des résultats de l'année 2004 à Zurich. Malgré la vente de ses activités de traitement de surface, l'entreprise augmente ses commandes de 7% à hauteur 1,710 milliard d'euros (2,650 milliards de francs), pour un chiffre d'affaires de 1,614 milliard, en baisse de 7,5%. Le résultat du bénéfice d'exploitation avant intérêts et taxes (EBIT) est en hausse de 29% par rapport à 2003, pour atteindre 114 millions, et une marge opérationnelle de 7%. Le président confirme l'objectif de porter cette dernière à 8%, et soutient que le groupe Saurer n'en est plus très éloigné. Sans vouloir se prononcer sur le temps nécessaire à la réalisation de cet objectif, Heinrich Fischer a indiqué «que tout dépend de l'évolution des ventes et de la réalisation d'acquisitions». Selon le communiqué officiel, l'entreprise s'attend pour 2005 à un recul des ventes du secteur Textil Solutions et à un chiffre d'affaires plus élevé dans les transmissions (filiale Graziano Trasmissioni). Christoph Ladner, analyste financier à la banque Sarasin, remarque que l'amélioration de la structure des coûts a été pénalisée par un impact négatif dû au marché des changes et par des coûts de matières premières en hausse (principalement l'acier et l'énergie).

Saurer maintient aussi son objectif de marge de 10% sur les bénéfices d'exploitation de son plus petit secteur, en l'occurrence l'activité des technologies de transmission, tout en reconnaissant «que nous sommes ici encore assez éloignés de notre but». Cette société, acquise en 1992, et spécialisée dans la production des systèmes de transmissions, tant pour les véhicules agricoles que pour les voitures (Maserati, Triumph, Ferrari), devrait pratiquement doubler son chiffre d'affaires et atteindre une fourchette comprise entre 600 et 650 millions, sans préciser à quelle échéance. C'est que forte de quelque 140 millions d'euros de liquidités, Saurer se voit pousser les dents et désire croître, principalement dans les transmissions. S'il y a bien quelque chose en route, comme l'affirme le président Heinrich Fischer, il ne s'agit pas d'acheter à n'importe quelles conditions. Une acquisition doit assurer un taux de rendement sur le capital investit de 15%, compléter les affaires de Saurer et renforcer l'activité Graziano Trasmissioni. Tout en restant vague, il part de l'idée que l'un ou l'autre des projets va être réalisé. Le domaine Textile Solutions n'en est pas pour autant écarté, même si l'augmentation annuelle du marché du textile à hauteur de 3,5% est annulée par une productivité plus grande des machines, selon le président directeur.

Renouveler les équipements

Et c'est en Asie, où les deux tiers du chiffre d'affaires sont générés, et plus particulièrement en Chine, que Saurer voit ses plus grandes opportunités de développement, et ceci pour plusieurs raisons. On assiste, depuis la disparition des quotas à l'importation des produits textiles en début d'année, à un phénomène de modernisation des instruments de production des autres grands producteurs asiatiques que sont le Pakistan, l'Inde et le Bangladesh. S'ils veulent pouvoir profiter de cette aubaine face à la concurrence de leur grand voisin, ils vont devoir baisser leurs coûts de production et investir en biens d'équipement. Finalement, le président de Saurer soutient que l'atout principal de cette entreprise est sa proximité au marché chinois où elle a délocalisé une partie de sa production ainsi que ses centres de compétences actifs dans le monde entier.