Fort de 800 millions d’utilisateurs, WhatsApp vise le milliard en 2015

Télécoms Le service de messagerie compte 100 millions d’utilisateurs de plus depuis janvier

Son propriétaire, Facebook, lui a ajouté récemment de nouvelles fonctions

La barre du milliard d’utilisateurs de WhatsApp, visée par Mark Zuckerberg, se rapproche de plus en plus. Le fondateur de Facebook avait fixé ce cap en février 2014, lorsque le réseau social avait acquis WhatsApp pour 19 milliards de dollars. Dans la nuit de vendredi à samedi, Jean Koum, l’un des fondateurs du service de messagerie sur smartphone, annonçait (sur son profil Facebook) que la barre des 800 millions d’utilisateurs actifs – se connectant au moins une fois par mois – avait été franchie.

Il y a un an, plusieurs observateurs s’inquiétaient du fait que WhatsApp puisse maintenir sa croissance du nombre d’utilisateurs. Or le service de messagerie affiche non seulement une progression, mais en plus elle s’accélère. Au moment de son rachat, WhatsApp comptait 450 millions d’utilisateurs. Ils étaient 600 millions en août 2014. Puis 700 millions en janvier 2015, avant d’atteindre désormais les 800 mil­lions. Du coup, le cap du milliard pour fin 2015 est plausible. En septembre dernier, Mark Zuckerberg affirmait qu’à terme le chiffre de 2 à 3 milliards de personnes connectées à WhatsApp ne serait pas déraisonnable.

Ces chiffres sont à mettre en rapport avec ceux de services concurrents, à commencer par celui de Facebook, Messenger. Il compte actuellement 600 millions d’utilisateurs actifs, mais avec un potentiel de croissance certain, compte tenu du fait que Facebook compte lui-même 1,4 milliard d’utilisateurs. En face, le service WeChat, prisé en Asie, voit sa progression ralentir. Il compte quelque 500 millions d’utilisateurs, avec un taux de croissance de 7% par trimestre. Viber revendique environ 300 millions d’adeptes et Line 200 millions.

Reste à savoir, pour Facebook, comment «monétiser» WhatsApp. «Nous sommes encore au tout début d’un cycle avec la messagerie. Nous en sommes à peu près là où en était Facebook en 2006-2007. A l’époque, il était juste un produit pour des consommateurs. Il n’y avait pas d’entreprises dans cet écosystème», avait commenté Mark Zuckerberg lors des résultats annuels du réseau social. Pour l’heure, WhatsApp, service sur lequel travaillent une soixantaine de personnes, est déficitaire. Sur les six premiers mois de 2014 (il n’y a pas de chiffre pour l’exercice entier), il a perdu 230 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 15 millions. Ses fondateurs, toujours actifs, ont promis qu’il n’y aurait jamais de publicité.

WhatsApp tente de se diversifier: il ne propose plus uniquement des messages texte. Comme Viber, l’application, sur les smartphones Android (mais pas sur iPhone), permet de passer des appels. Par ailleurs, une version pour ordinateur existe depuis plusieurs semaines. Mais elle n’est pas compatible pour les propriétaires d’iPhone.

A terme, WhatsApp pourrait marcher sur les traces de Facebook Messenger, en incluant des services comme le versement d’argent entre particuliers ou des communications directes avec des entreprises. Voire des appels payants vers des réseaux fixes, comme le fait déjà Skype.

Sur les smartphones Android, WhatsApp permet désormais de passer des appels