Les Etats-Unis ont dévoilé mercredi un florilège de statistiques, qui pour la plupart donnent une image plutôt rassurante de l'économie du pays. Les bourses ont d'ailleurs profité de cette impulsion. Mais un organisme du Congrès a jeté le trouble.

D'abord, la productivité a connu au troisième trimestre sa croissance la plus forte en quatre ans. La réduction du nombre d'heures travaillées a diminué d'autant le coût unitaire du travail. La productivité non agricole a augmenté de 6,3% en rythme annualisé, le pourcentage le plus élevé depuis celui de 10,4% du troisième trimestre 2003, selon les chiffres publiés par le Département du travail. Les économistes attendaient 5,7% contre 4,9% en première estimation. Ensuite, les embauches ont nettement accéléré en novembre dans le secteur privé, avec 189000 créations d'emplois, selon l'étude du cabinet ADP, à deux jours du rapport officiel du chômage. ADP a aussi revu à la hausse ses chiffres pour octobre, qui traduisent au final une progression de 119000 emplois (+13000) dans le secteur privé non agricole.

Industrie en verve

Par ailleurs, les commandes industrielles ont progressé plus que prévu en octobre, augmentant de 0,5% par rapport à septembre après une hausse de 0,3% le mois précédent. Les analystes tablaient sur une stabilité des commandes. De son côté, le président George W. Bush doit présenter ce jeudi un plan de soutien au secteur du crédit immobilier. Il permettra le gel pendant cinq ans des taux des emprunts souscrits par de nombreux propriétaires individuels, d'après une source financière. Selon cette personne, qui a eu connaissance des modalités du texte, celui-ci s'appliquera aux emprunts immobiliers à risques, dits «subprime», conclus entre le 1er janvier 2005 et le 31 juillet 2007.

Toujours est-il que l'activité dans le secteur des services a légèrement ralenti en novembre, avec un indice ISM en baisse à 54,1% contre 55,8% en octobre, a annoncé le groupement national des directeurs des achats des entreprises du secteur. Enfin, le Congressional Budget Office (CBO), l'organisme d'évaluation budgétaire du Congrès, a estimé que les Etats-Unis sont actuellement confrontés à un risque «élevé» de récession, en raison de la crise de l'immobilier, de la confiance chancelante sur les marchés financiers et des prix du pétrole. «Les perspectives économiques sont actuellement particulièrement incertaines», a déclaré Peter Orszag, qui dirige le CBO. «L'activité économique a probablement déjà ralenti de manière importante et le risque de récession est désormais élevé.»