Indépendante depuis quelques mois, Givaudan a présenté mardi à Genève ses premiers résultats annuels depuis sa séparation de Roche (société mère). La société spécialisée dans les parfums et arômes a annoncé pour l'exercice 2000 un chiffre d'affaires de 2,356 milliards de francs et un bénéfice net de 266 millions en progression de 14%. Les ventes sur base comparable s'affichent en progression de 6% en francs, mais en baisse de 1% en monnaies locales.

Dans la division parfums, le sous-segment parfums fins (Opium de Yves Saint Laurent, ndlr) a rencontré une demande accrue. Ce résultat compense les difficultés enregistrées dans le secteur des produits de consommation (produits d'hygiène) de cette même division. Le ralentissement des commandes d'importants clients (Procter & Gamble ou Kraft Jacobs), expliqué par la conjoncture, a pesé sur les activités de l'industriel. Beat Käser, chef de la recherche auprès de Darier Hentsch & Cie, rappelle l'importance pour la société genevoise «de ne pas se limiter à des grands clients, cela afin de réduire le risque en cas de ralentissement de certains partenaires». L'analyse géographique des résultats relève des conditions de marchés «plus difficiles» aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, notamment pour la division arômes. La région Asie-Pacifique a pour sa part vu ses ventes croître de 16%. Tout comme l'Amérique latine dont le chiffre d'affaires a progressé. Le renforcement de la présence de Givaudan dans les pays émergents (Chine, Inde) explique la progression des coûts de marketing et de développement en hausse de 11% à 538 millions. Un pari sur l'avenir que le directeur général Jürg Wimer estime essentiel.

Performance contrastée

du titre

Après son entrée à la Bourse suisse, la société a été jugée depuis juin dernier par les investisseurs. La performance contrastée du titre (voir graphique ci-contre) s'explique en partie par le désengagement de certains actionnaires de Roche qui avaient reçu sous forme de dividende spécial un titre Givaudan. «Certains gérants anglo-saxons ont eu l'obligation de vendre, explique l'analyste de Darier Hentsch & Cie, ne pouvant pas conserver cette catégorie de titres. A cela s'ajoute une certaine déception devant les chiffres publiés à la fin du premier semestre.» Pour Philippe Rohner de Pictet & Cie, «l'amélioration des marges et l'augmentation de ses dépenses en recherches & développement, annoncés mardi, prouvent que la société est maintenant sur la bonne voie» .

Numéro deux derrière International Flavors & Fragances (IFF), Givaudan souhaite à l'avenir s'affirmer comme leader incontesté de l'industrie du parfum et des arômes. «L'intérêt de la compagnie genevoise pour Haarmann & Reimer, dont la maison mère Bayer souhaiterait se séparer n'est pas un secret», explique Beat Käser. Sa situation financière lui donne aujourd'hui les moyens de ces ambitions.