Les banques chinoises devront augmenter leurs réserves en monnaies étrangères de 2% à partir du 15 juin. Cette mesure devrait accroître les coûts de financement pour les devises sur le marché intérieur. En l’annonçant lundi, la Banque populaire de Chine a voulu calmer la hausse de la monnaie chinoise, qui n’arrête pas de s’apprécier depuis plusieurs mois, atteignant son plus haut depuis juin 2018. L’objectif a été atteint: le taux de change du yuan a légèrement fléchi. Il s’échangeait mardi à près de 6,38 pour un dollar, contre 6,36 vendredi. Il y a une année, il fallait 7,1 yuans pour un dollar. Sur les cinq premiers mois de l’année, la monnaie chinoise s’est appréciée de 2,7%.

En intervenant lundi, ce qu’elle n’avait officiellement pas fait depuis dix ans, la banque centrale chinoise a avant tout livré un message aux marchés: qu’elle était consciente des risques liés à l’appréciation du yuan, dont une hausse trop importante risquait de freiner la machine économique, et surtout qu’elle disposait d’assez d’outils pour éviter tout dérapage sur le marché de changes. Selon les calculs de Bloomberg, l’augmentation des réserves en devises de 5 à 7% enlèverait 20 milliards de dollars de la circulation. «C’est une somme insignifiante par rapport aux 29 500 milliards de dollars de prêts totaux accordés par les banques chinoises», fait remarquer l’agence de presse financière.