Le monde se divise en deux catégories, ceux qui craignent le pire et ceux qui sont persuadés qu’il se produira, généralement à brève échéance. Les journalistes économiques du «Temps» n’appartiennent à aucun de ces groupes, mais nous avons voulu imaginer ce que pourrait être le scénario du pire pour l’économie mondiale et l’économie suisse en 2017.

L’année 2016 restera probablement dans les mémoires comme un moment charnière qui aura précipité le monde dans l’inconnu. Or l’absence de repère historique ouvre la porte à des craintes plus ou moins réalistes. Personne ne connaît les conséquences de l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche. On peut toutefois imaginer que le protectionnisme qu’il a défendu durant la campagne électorale viendra ralentir une croissance mondiale à peine rétablie du choc de la crise financière de 2008. Plus près de nous, la perspective du Brexit risque de faire dérailler la mécanique déjà chancelante de l’Union européenne, premier partenaire économique de la Suisse.

Risques identifiés mais pas maîtrisés

Dans notre pays, la situation est bien différente puisque les risques sont clairement identifiés. Il ne s’agit pas de nouveautés ou de ruptures, mais de dossiers qui doivent être concrétisés cette année. Or il n’est pas exclu qu’un malheureux enchaînement de circonstances ne vienne gripper la machine économique suisse.

L’une des pièces maîtresses d’un tel engrenage se trouve entre les sages mains de la Banque nationale (BNS). Une sortie rapide des taux d’intérêt négatifs provoquerait un renchérissement tout aussi vif des hypothèques et, par conséquent, une baisse brutale de la demande, donc des prix de l’immobilier. Avec une destruction de richesse au moins virtuelle pour les propriétaires existants.

A l’inverse, si la BNS doit poursuivre, voire accentuer ses interventions pour affaiblir le franc, la Suisse risque des mesures de rétorsion internationales pour avoir manipulé sa monnaie. La pression du reste du monde sera également forte si la troisième réforme de l’imposition des entreprises – RIE III – n’est pas réalisée ce printemps, ce qui encouragerait en outre les multinationales à aller voir si l’herbe fiscale est plus verte ailleurs. En se grippant, l’économie suisse peinera à financer ses start-up, pénalisant l’innovation et, en un mot, l’avenir. Mais rien ne dit que cet exercice d’écofiction se concrétisera.


1. Inéluctable crise horlogère

Une seule certitude: cela se comptera en milliers. Mais personne ne connaît le nombre exact d’emplois qui disparaîtront l’année prochaine dans l’industrie horlogère. Combien de temps Swatch Group pourra-t-il encore tenir sa politique qui consiste à refuser les licenciements massifs? Le groupe Richemont devra-t-il procéder à une nouvelle restructuration de l’une de ses marques? Combien de sous-traitants devront silencieusement mettre la clé sous la porte? Et quid des dernières marques indépendantes?

Après une année 2016 rythmée par les chutes successives des exportations, l’industrie va au-devant d’une année 2017 à nouveau particulièrement pénible. Faisant simultanément face à des problèmes d’ordre conjoncturel (chute de la consommation en Europe, problèmes de change, etc.) et structurel (stocks abondants, prix trop élevés, arrivée de la montre connectée, etc.), l’horlogerie suisse ne voit pas encore la lumière au bout du tunnel.

Comme toujours, le tableau n’est pas tout noir. Certaines marques horlogères (Richard Mille, Audemars Piguet, TAG Heuer, etc.) parviennent encore à faire progresser leurs ventes – et à gagner ainsi des parts de marché. Sans compter les dizaines de petites marques inventives qui se lancent via les réseaux de financement participatif. Et qui devraient se multiplier l’an prochain. (Valère Gogniat)


2. La bulle immobilière se dégonfle

Le marché immobilier suisse ne bougera pas. Personne n’envisage de hausse généralisée des prix. Ni un effondrement qui ferait perdre des milliers de francs aux propriétaires et des millions aux banques qui leur ont prêté de l’argent. L’an prochain, les prix vont stagner, après plus d’une décennie de hausse et deux années de léger recul. Cet «atterrissage en douceur» est précisément le scénario souhaité par les autorités (BNS, Finma, Département des finances) lorsqu’elles ont décidé de durcir l’accès à la propriété en 2012.

Si baisse il y a, elle sera limitée à certaines régions, selon Wüest & Partner – l’Arc lémanique et la Suisse centrale. En moyenne et en théorie, il faudra débourser un million de francs et des poussières pour un appartement de 4 pièces à Lausanne. Le loyer de ce même appartement se montera à 2080 francs par mois. Précisément la somme maximale que sont prêts à débourser la majorité des locataires.

Ces derniers deviennent plus regardants. La pénurie n’a pas cessé mais l’augmentation de l’offre est peu à peu en train de détendre le marché. Les loyers devraient baisser d’environ 1% l’an prochain.

Ce scénario, c’est le plus probable. Il en est un autre, beaucoup plus hypothétique, qui verrait la BNS relever ses taux et ainsi inciter les banques à renchérir le prix de leurs hypothèques – elles n’attendent que cela pour regagner un peu de marge. Les logements deviendraient plus difficiles à acquérir, la demande baisserait, les prix aussi, et cela ferait perdre virtuellement de l’argent à ceux qui sont propriétaires.

L’ampleur des pertes serait étroitement liée à l’ampleur et à la vitesse des hausses de taux. Mais ce scénario-ci devrait plutôt avoir lieu en 2018, voire en 2019, d’après les dernières analyses sur la politique monétaire suisse. Reparlons-en à la fin de 2017. (Servan Peca)


3. La hausse des taux, souhaitée et redoutée

Les craintes à propos d’une spirale déflationniste ont longtemps dominé sur le Vieux Continent. Début juillet, juste après le vote sur le Brexit, les rendements des emprunts d’Etat de la Confédération à dix ans ont plongé à moins de -0,6%, tandis qu’ils tombaient à -0,19% pour les obligations souveraines allemandes. La tendance s’est ensuite inversée aux Etats-Unis, où les taux des bons du Trésor à 10 ans sont passés de 1,36% en juillet à plus de 2,5% à la mi-décembre, à la suite de l’élection de Donald Trump et d’un tour de vis d’un quart de point donné par la Fed. En 2017, l’inflation devrait s’accélérer à 2,4% aux Etats-Unis (1,3% en 2016), selon les données de Consensus Economics.

En Suisse, l’inflation devrait redevenir positive à 0,3% l’an prochain, contre -0,4% en 2016. Et même si la BNS devrait maintenir ses taux directeurs à la valeur cible de -0,75% tout au long de l’année, comme le prévoient la plupart des économistes, les rendements des emprunts à dix ans vont redevenir positifs en cours d’année.

Est-ce une chance ou une menace? Les banques et les investisseurs institutionnels ne peuvent que s’en réjouir. Les caisses de pension, contraintes d’atteindre un taux d’intérêt minimal de 1% en 2017, en profiteront à terme. La situation est inverse pour les emprunteurs hypothécaires. Alors qu’au début de l’été certains clients parvenaient à négocier des hypothèques fixes à dix ans à moins de 1%, le taux moyen dépassait 1,6% en décembre, comparé à moins de 1,4% à la mi-octobre. Même tendance pour les échéances à cinq ans: alors que le taux moyen d’une hypothèque fixe à cinq ans coûtait moins de 1,14% début août selon Hypothekenzentrum, il se situait 1,205% le 27 décembre. Quand le train est parti, il est difficile de l’arrêter. (Yves Hulmann)


4. Le franc suisse se renforce

Le franc suisse est trop fort? Eh bien, il le restera. Mieux, il va encore se renforcer. Et pourquoi? Parce que la Suisse encaisse entre 60 et 70 milliards de plus qu’elle n’en dépense chaque année. Et parce que l’euro, sa principale contrepartie, a toutes les chances de rester faible pendant tous les mois qui viennent. En 2015, passé les premières semaines de chaos sur les marchés des changes, la BNS s’est efforcée de maintenir le taux de change entre la devise helvétique et sa contrepartie européenne aux alentours de 1,10 franc pour un euro. Puis cette marque est graduellement descendue au-dessous de 1,08 à la fin de 2016. Et il n’y a pas de raison que cela change tant que la balance des paiements helvétique demeure largement bénéficiaire. Et tant que la Banque centrale européenne poursuivra son programme d’injection de liquidités commencé en 2015.

La BNS devrait donc poursuivre ses interventions sur les marchés des changes afin de modérer l’appréciation du franc face à l’euro. Ce faisant, la banque centrale gonflera encore son bilan en alimentant ses réserves de changes de tous les euros (essentiellement) qu’elle achète sur les marchés des changes, réserves qui dépassent déjà 647 milliards de francs, l’équivalent du PIB. Elle court un gros risque de moins-values en cas de hausse brusque du franc. De plus, la Suisse reste exposée à des mesures de rétorsion de la part de pays que sa politique indisposerait. Elle est déjà inscrite sur la «liste grise» du Trésor américain, qui regroupe les pays soupçonnés de manipuler leurs devises, à l’instar de l’Allemagne et de la Chine. Mais si elle n’entreprend rien pour freiner la hausse de sa monnaie, que deviendront la Suisse et son économie, qui vient juste de retrouver le chemin de la croissance après avoir encaissé le choc du franc fort? Ce sera un nouveau choc, de toute évidence, avec son cortège de fermetures d’entreprises, de délocalisations et de hausse du chômage. (Yves Genier)


5. La course d’obstacles de la RIE III

Le 12 février prochain, la Suisse saura si elle pourra réformer la fiscalité de ses entreprises. Ce dimanche-là, le peuple se prononcera sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), qui entend aligner le système helvétique de taxation des bénéfices sur les normes internationales. En échange de la disparition de statuts fiscaux spéciaux, les entreprises ont obtenu dans une majorité de cantons une baisse des taux d’imposition. Ceux-ci s’échelonnent de 12 à 18% des bénéfices, au lieu de 21% actuellement.

Un rejet de cette réforme anéantirait plusieurs années de travail destiné à faire coïncider les intérêts des entreprises et des finances publiques tout en évitant autant que possible un report de charges sur les ménages. Il obligerait la Suisse à reprendre son projet alors que la pression internationale s’accroît.

Une acceptation ne marquerait toutefois pas la fin du processus. Dans certains cantons, la population sera probablement rappelée aux urnes pour sanctionner les adaptations cantonales. Ce sera certainement le cas en septembre à Genève, où le gouvernement entend abaisser le taux à 13,49% et accroître, en échange, un certain nombre de prestations sociales. Au Tessin, où le gouvernement veut abaisser le taux à 14%, le peuple pourrait avoir à se prononcer. La contestation est vive aussi à Zurich et dans d’autres cantons, où les communes, en particulier les villes, craignent de faire les frais de la baisse des rentrées fiscales. (Yves Genier)


6. Des économies languissantes

Une croissance forte, durable et équilibrée? Pas vraiment, prédisent les analystes. L’économie mondiale devrait progresser de manière modérée, sinon décevante. «Huit ans après la crise financière, les cicatrices sont encore trop visibles», assénait le FMI en octobre dernier. Selon cette institution, la demande intérieure et l’investissement demeurent insuffisants dans de trop nombreux pays. A ces facteurs de panne s’ajoutent dans les économies avancées le vieillissement démographique et l’affaiblissement de la croissance de la productivité. Bilan: impossible de tabler sur une évolution du PIB mondial supérieure à 3,4% en 2017, soit à peine trois points de pourcentage de mieux que lors de l’exercice précédent.

Pire: une stagnation persistante, certes entretenue par un cortège récurrent d’incertitudes, risque d’alimenter l’hostilité à l’égard du commerce. Ce qui pèserait sur l’innovation et freinerait d’autant plus les perspectives mondiales. Un cercle vicieux, en somme. «Une volte-face sur le plan des échanges internationaux ne peut qu’aggraver et prolonger les problèmes actuels des économies de la planète», résument de concert le FMI et l’OCDE, estimant que les politiques monétaires accommodantes ne peuvent à elles seules relancer la croissance.

En Suisse, après plusieurs trimestres positifs, le PIB a quasiment stagné fin 2016. Le groupe d’experts de la Confédération table toutefois sur une reprise modeste de l’activité de 1,8% en 2017. D’autres, comme l’institut d’études conjoncturelles KOF ou la Banque Cantonale de Genève, s’attendent plutôt à une croissance de l’ordre de 1,5%, voire 1,3%. Une évolution poussive, donc, qui mettrait l’économie helvétique au même niveau que celle de la France, laquelle n’arrive pas à retrouver son rythme d’avant la crise de 2008.

En résumé: 2017 s’inscrira, d’après l’immense majorité des spécialistes, dans la trajectoire de 2016. Avec pour principales locomotives les économies américaines et chinoises. Cependant, alors que les Etats-Unis sont appelés à connaître une accélération de leur PIB d’environ 2,3% (contre 1,5% l’an passé), la croissance de la deuxième économie mondiale est attendue à 6,5%, soit en recul de deux points de pourcentage et à ses plus bas niveaux depuis 1990. (Dejan Nikolic)


7. Du financement pour les start-up

L’année 2016 a été une année record pour les start-up, notamment celles issues de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Ces dernières ont levé près de 397 millions de francs, contre 231 millions l’année précédente. De manière générale, les investissements dans les jeunes pousses suisses explosent depuis trois ans.

Ces dernières continueront-elles de susciter l’intérêt des investisseurs cette année? Lever de l’argent reste une opération délicate. Les entrepreneurs en herbe doivent convaincre du caractère innovant de leur produit, du modèle d’affaires et se battre contre une concurrence internationale très vive. En outre, si elles obtiennent relativement facilement leur premier million, l’histoire se complique lorsqu’elles doivent lever des montants importants nécessaires à leur croissance.

Malgré ces difficultés, les observateurs restent confiants pour 2017. Les jeunes pousses continueront de lever des millions, voire des dizaines de millions ces prochains mois. Si certains obstacles demeurent, comme la fiscalité des investissements dans les start-up, d’autres moyens vont apparaître, ce qui facilitera les opérations de financement.

On songe notamment à la création en octobre dernier de la Fondation pour un Fonds suisse pour l’avenir, qui veut permettre aux caisses de pension, aux assurances et aux investisseurs institutionnels d’investir dans les start-up suisses. Son ambition est d’atteindre un volume de 500 millions de francs, avec un horizon d’investissement d’une quinzaine d’années. (Ghislaine Bloch)


8. Le Brexit attendra encore un peu

C’était l’un des chocs de 2016: la Grande-Bretagne a voté pour se retirer de l’Union européenne. La décision est prise, mais tout ou presque est à faire. Theresa May, première ministre britannique depuis l’été dernier, a choisi de ne pas activer l’article 50 du Traité de Lisbonne avant 2017. Elle le fera probablement en mars, lançant ainsi une procédure qui devrait durer deux ans. Le ministre chargé du Brexit, David Davis, s’est fixé la date de décembre 2018 pour que la Grande-Bretagne retrouve son indépendance, mais cela pourrait continuer jusqu’en 2019. D’autant qu’une récente décision de la Haute Cour, exigeant que les parlementaires approuvent d’abord la décision populaire de quitter l’Union européenne, risque de retarder le processus. Saisie à son tour, la Cour suprême doit désormais approuver la décision de cette instance en janvier.

Que les Britanniques se mettent d’accord n’est que la condition de départ. Une fois l’article 50 activé, il faudra négocier avec les autres membres de l’UE, qui ne sont pas particulièrement prêts à rendre la vie facile à ce pays qui veut divorcer. Les deux points essentiels pour Londres sont le commerce – le gouvernement va essayer de maintenir le plus de liens possible avec le continent pour ce qui est des échanges économiques – et l’immigration – qu’il veut ralentir.

Aux côtés du ministre du Brexit, deux autres «Brexiters» devraient jouer un rôle important dans les négociations: le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, et le secrétaire au Commerce international, Liam Fox. Les négociations doivent aboutir à un accord qui doit être accepté par au moins 20 pays membres, représentant 65% de la population de l’UE, puis être ratifié par le Parlement européen. Sans accord, les traités européens cesseront simplement de s’appliquer à la Grande-Bretagne. (Mathilde Farine)


9. Volatilité des cours du pétrole

Tiendra? Tiendra pas? La remontée des cours du pétrole reste suspendue à la capacité de l’OPEP et de la Russie de faire respecter l’accord visant à réduire la production de 1,2 million de barils par jour – une première depuis 2008. Alors que les cours atteignaient des minima historiques, les négociations s’étaient jusqu’à présent toujours heurtées aux rivalités géopolitiques. Afin de garantir la stabilité de cet accord asymétrique – l’Arabie saoudite doit réduire sa production de pétrole de quelque 500 000 barils alors que l’Iran a obtenu la permission de l’augmenter légèrement –, l’OPEP a annoncé avoir mis en place un comité pour s’assurer que les producteurs respectent leurs engagements.

Pour 2017, la plupart des analystes tablent sur un baril s’établissant autour de 55 dollars. Le ministre saoudien de l’Energie voit, lui, le cours du brut se balancer entre 50 et 100 dollars. Une estimation optimiste qui permettrait au royaume de retrouver l’équilibre financier. Mais aussi d’encourager de nombreux producteurs à revenir sur le marché. La grande question pour l’année à venir sera de voir à quelle vitesse et selon quelle ampleur les foreurs américains pourront se remettre à produire du brut, entraînant à nouveau les cours vers le bas.

Deloitte pointe un autre problème. La volatilité des cours a conduit à l’annulation ou à l’ajournement de 620 milliards de dollars d’investissements dans des projets pétroliers, selon son rapport «Oil and Gas Industry Outlook 2017». A terme, c’est l’approvisionnement et la sécurité énergétiques qui pourraient être compromis. (Adrià Budry Carbó)


10. Le spectre du protectionnisme

Le populisme politique et le patriotisme économique vont bien ensemble. Ces deux phénomènes ne sont pas nouveaux, mais ils se manifesteront vraisemblablement davantage l’an prochain. Donald Trump, le nouveau président américain élu, a déjà annoncé la couleur. Il a promis de frapper les importations en provenance de Chine d’une taxe de 40%. Les usines chinoises, fait-il croire, sont responsables de la désindustrialisation des Etats-Unis.

En Europe, ce sera sans doute aussi la même rengaine en 2017, année de nombreuses élections législatives. Le Front national en France, l’AfD en Allemagne et le Parti de la liberté aux Pays-Bas ne manqueront pas de titiller la même fibre nationaliste.

Les adeptes du patriotisme économique, Donald Trump en premier, se disent prêts à modifier unilatéralement les règles qui régissent les relations internationales en matière de commerce et d’investissement.

Tout cela ne présage rien de bon pour 2017. Les Chinois ne resteront pas les bras croisés. Devenue une puissance économique et financière depuis son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pékin dispose désormais de divers moyens de rendre coup pour coup.

C’est Wang Jianlin, l’un des hommes les plus riches de Chine, qui est monté sur le ring à la mi-décembre pour avertir Donald Trump. Ses investissements à hauteur de 10 milliards de dollars dans des activités diverses allant de l’immobilier au cinéma donnent du travail à 20 000 personnes aux Etats-Unis. «Si les choses sont mal gérées, ces dernières n’auront plus rien à manger», a-t-il dit.

Pékin n’est pas en reste. A la veille de Noël, la Chine a déposé une plainte auprès de l’OMC contre les Etats-Unis, mais aussi contre l’Union européenne. Ces derniers ont refusé de lui accorder le statut d’économie de marché, ce qui l’aurait protégée de nombreuses sanctions commerciales. Le contrat de l’adhésion de la Chine à l’OMC avait fixé l’échéance au 11 décembre 2016, mais tant Washington que Bruxelles se sont dérobés à cette obligation en mettant en avant une nouvelle interprétation de l’accord. (Ram Etwareea)


11. Les licornes se font discrètes

Uber? AirBnB? Pinterest? Rares sont les licornes, ces sociétés privées valorisées plus d’un milliard de dollars, qui devraient faire leur entrée en bourse en 2017. Deux raisons à cela. La plupart des licornes réalisent actuellement des pertes et ne seraient pas encore assez attractives aux yeux du grand public. On pense ainsi à Uber, dont les pertes devraient dépasser, pour 2016, les 3 milliards de dollars. Ces sociétés parviennent aussi à trouver suffisamment de cash auprès d’investisseurs privés et peuvent ainsi multiplier les tours de table.

En 2016, peu de licornes (et peu de sociétés en général) ont fait le saut de la bourse. Il y a eu la plateforme de communication Twilio, et ce fut presque tout. Aujourd’hui, il existe environ 170 licornes dans le monde, d’une valeur totale de plus de 600 milliards de dollars. A titre de comparaison, il y en avait 39 en 2013.

A priori, 2017 devrait être relativement calme sur le front des entrées en bourse de licornes. Mais tous les regards seront fixés sur Snapchat. Le service de messagerie instantanée pour smartphone envisage une première cotation aux alentours de mars et viserait 25 milliards de valorisation à Wall Street. Si elle devait être réussie, cette entrée en bourse pourrait donner le ton pour 2017 et éventuellement inciter le service de streaming Spotify, qui devrait être rentable l’année prochaine, à franchir le pas. A noter que de nombreuses licornes, essentiellement américaines, atteindront les 10 ans d’âge ces prochains mois. L’occasion pour leurs investisseurs de se décider à rentabiliser les milliards injectés. (Anouch Seydtaghia)