Depuis le 1er janvier, la banque privée de Fortis en Suisse ne s'appelle plus MeesPierson, mais Fortis Banque (Suisse). Et surtout, la filiale genevoise du géant belge a décidé, «après 164 ans de silence», de communiquer.

La renonciation à MeesPierson, la plus ancienne marque de banque privée d'Europe continentale, se justifie par la volonté de Fortis «d'unifier sa marque au niveau global, suite à de nombreuses acquisitions effectuées depuis sa création en 1990», explique Yves Stein, directeur général de Fortis Banque (Suisse). Fortis a racheté en 2005 Disbank en Turquie et Dryden Wealth Management en Suisse.

La banque privée de Fortis, dont le siège est à Genève, a une approche très intégrée de la gestion de fortune. Présente en Suisse avec les trois métiers de banque commerciale, d'ingénierie patrimoniale et de banque privée, elle ambitionne d'offrir une gamme complète de services bancaires aux entrepreneurs résidents et transfrontaliers: «65% des multimillionnaires sont des entrepreneurs actifs, souligne Yves Stein. Il est donc clair que ce sont eux qui génèrent le plus de fortunes, surtout dans les marchés émergents.» Fortis attire ces entrepreneurs actifs grâce au vaste savoir-faire de l'ancienne MeesPierson Intertrust dans le Trusts & Corporate Services (ingénierie patrimoniale, structuration de sociétés, domiciliation, trusts), offert à côté de la banque commerciale. «C'est ce service qui permet de faire le lien entre clients commerciaux et privés, qui nous a valu notre succès», souligne Yves Stein. En outre, depuis son bureau de Sion, inauguré l'été dernier, la banque a connu du succès dans une nouvelle activité: le financement de résidences secondaires ou principales en Valais pour des étrangers désireux de s'établir en Suisse, relève Willem Rijke, directeur Private Banking Suisse. Cette assistance à la délocalisation d'Européens fortunés a contribué au doublement des financements en 2005, à 1,3 milliard de francs. Fortis Banque (Suisse) gère 12,5 milliards de francs pour sa clientèle privée, essentiellement d'Europe continentale. Elle vise à atteindre 20 milliards en 2009. Elle mise pour ce faire sur les synergies entre banque commerciale et services de trusts, sur les acquisitions, et sur son implantation à Dubaï.

Le succès futur dépendra de la volonté des entrepreneurs de recourir à tous ces services auprès de la même banque. Selon Yves Stein, 65% de tous les entrepreneurs y seraient favorables. Mais 35% préféreraient séparer leurs intérêts.