ETUDE

La fortune des super riches a encore augmenté en 2005

D'après Merrill Lynch et Capgemini, la clientèle aisée détenait 33 300 milliards de dollars en 2005. Le nombre de riches a le plus fortement progressé en Afrique.

Les riches sont plus riches. Ils sont aussi plus nombreux. Tel est l'un des constats de la dixième enquête de Merrill Lynch et Cap- gemini sur les «High Net Worth Individuals» (HNWI), autrement dit la clientèle aisée que les banques s'arrachent.

Entre 2004 et 2005, le nombre de personnes disposant d'une fortune supérieure à un million de dollars (1,24 million de francs), hors résidence principale, a progressé de 6,5%. Ainsi, 8,7 millions d'individus appartiennent à la classe des HNWI. «La plus forte progression du nombre de riches a eu lieu en Afrique. Elle s'explique notamment par la forte hausse de la Bourse de Johannesburg», relève Christine Stapf, consultante dans les services financiers chez Capgemini. Au niveau des pays, la plus forte hausse est observée en Corée du Sud (21,3%), suivie de l'Inde (19,3%), de la Russie (17,4%) et de l'Afrique du Sud (15,9%). En Suisse, le nombre de riches s'élève à 190700, soit une hausse de 2,8%.

Parallèlement, la fortune globale de la clientèle aisée s'est appréciée de 8,5% à 33300 milliards de dollars. «La croissance du produit intérieur brut en termes réels et celle de la capitalisation boursière ont été les deux moteurs de l'accroissement du patrimoine», fait remarquer Christine Stapf. Le Moyen-Orient est la région avec la plus forte croissance de la fortune des riches (19,7%). En queue de peloton, on retrouve l'Europe, dont le patrimoine financier est en hausse de 4,9%.

L'alternatif en vogue

Autre constat de cette étude, la clientèle aisée a placé sa fortune de manière plus agressive. Les investissements alternatifs représentent 20% du total en 2005, contre 19% un an plus tôt. «Au sein de cette classe d'actifs, le «private equity» a été privilégié par rapport aux hedge funds, en raison de rendements plus attractifs», souligne Serge Robin, patron de Merrill Lynch en Suisse. De l'autre côté, les investissements en obligations représentent en 2005 21%. C'est nettement moins qu'un an plus tôt (24%).

Selon l'étude, la clientèle aisée est aujourd'hui plus consciente des opportunités de croissance au niveau mondial. En 2005, des transferts d'actifs se sont ainsi produits de l'Amérique du Nord vers la région Asie-Pacifique, en raison d'opportunités de croissance plus élevées. Pour la première fois, les investisseurs fortunés ont placé plus d'argent en Asie-Pacifique qu'en Europe. Plus conscients des opportunités de croissance, «les HNWI sont devenus aussi plus sensibles aux coûts et regardent davantage la valeur ajoutée des services fournis par les banques. La transparence sur les coûts devient pour les établissements l'un des moyens d'améliorer les services et d'attirer la clientèle aisée. Pour cette dernière, le ciel ne devrait pas s'assombrir.

Selon Merrill Lynch et Capgemini, la fortune des HNWI devraient progresser en moyenne de 6% par an jusqu'en 2010, soit un léger ralentissement par rapport aux dernières années. Cela devrait être dû à trois facteurs: le prix élevé de l'or noir, le ralentissement de l'économie chinoise et une hausse des taux d'intérêt. Malgré ce ralentissement, la clientèle riche disposera en 2010 d'une fortune globale de 44600 milliards de dollars. Les HNWI pourront en céder une partie à titre philanthropique. C'est l'un des services considérés par l'étude comme des plus prometteur pour les banques afin de répondre aux nouvelles demandes des clients.

Publicité