«Les gens se cachent de plus en plus derrière des mots lisses qui ne veulent rien dire», déplore Peter Brabeck. Une maladie qui ne guette pas le patron de Nestlé. Extraits.

Forum de Davos. «L'édition 2005 a franchi la ligne, ça devient le World Social Forum. Je suis absolument contre ce qui s'est passé autour de Sharon Stone, cela ne peut conduire qu'à la surenchère. Les vrais problèmes des entreprises étaient pratiquement absents. On ne va tout de même pas nous empêcher d'en parler sous la pression de la rue.»

Opposition d'Ethos au double mandat de CEO et de président du conseil. «Qu'Ethos m'attaque, c'est son droit le plus strict. Mais le changement de statuts proposé est délirant. C'est de l'automutilation qui nuira à l'entreprise en termes de compétitivité. Cela me rappelle la fondation Canes qui, à l'époque, voulait interdire que Nestlé nomme un directeur général non Suisse. Si ça passe, je me retire et le conseil démissionne. Dominique Biedermann, d'Ethos, sait qu'il n'a aucune chance, mais c'est trop facile de jouer avec ça sans avoir à assumer la responsabilité de son geste.»

Risques des marchés émergents. «Au Brésil, nous avons réalisé en 2000 un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de francs suisses. Depuis, nous avons maintenu une croissance à deux chiffres. Mais à cause de la dévaluation de la monnaie locale, le chiffre d'affaires n'est plus que de 3,3 milliards, malgré une production augmentée de 50%. Voilà ce que retient l'actionnaire.»

Emploi en Suisse. «De 1999 à 2004, nous avons créé 600 postes de travail supplémentaires et investi 1,2 milliard de francs en Suisse, principalement romande. Alors, quand un journaliste m'attaque sur les délocalisations, oui, cela m'agace.»