La récente embellie des immatriculations en Europe occidentale est loin de constituer le principal motif d'optimisme de Credit First Boston (CSFB) à propos des fournisseurs suisses de l'industrie automobile. Du moins pour ceux qui sont cotés en Bourse et auxquels s'intéresse de près la grande banque.

La force des sociétés suisses réside même dans leur capacité à faire prospérer leurs affaires, indépendamment du nombre de véhicules qui sortent des chaînes de montage. «La croissance de ces sociétés est largement portée par les technologies nouvelles et par l'extension rapide des dispositifs de confort (climatisation) et de sécurité aux véhicules de classe moyenne, voire à l'ensemble de la gamme», remarque la banque d'affaires.

Trois titres sont particulièrement bien placés pour tirer profit des nouvelles tendances de l'automobile. Sur un horizon d'une année, les analystes de CSFB évaluent même le potentiel de gain de cours à 25% pour les actions de Saia-Burgess basée à Morat (FR), à 21% pour Komax à Dierikon (LU) et à 23% pour le schaffhousois Georg Fischer. Pour les deux premières sociétés, ces perspectives favorables devraient être soutenues par des acquisitions, «même si ce facteur constitue aussi un risque» selon Maria Ivek, analyste auprès de la banque suisse.

Et la spécialiste de relever: «Si l'importance de l'industrie automobile pour ces sociétés est bien connue, l'impact majeur des entreprises suisses sur le secteur l'est moins et doit être souligné.» Tout en relevant le bon positionnement des six sociétés helvétiques sur le marché mondial, CSFB émet en revanche des doutes sur la capacité de l'entreprise obwaldienne Sarna (transformation de matières synthétiques) à pouvoir se défaire de son pôle automobile, déficitaire, comme elle vient d'en exprimer l'intention.

Mais l'industrie automobile ne génère qu'une partie des ventes des six sociétés analysées. RIeter et Saurer par exemple – pour lesquelles CSFB adopte une position neutre sur le plan boursier – sont également fortement exposées aux cycles de la demande dans les machines pour l'industrie textile.

Coûts attractifs

Avec le rachat, annoncé en juillet dernier (LT du 20 juillet), d'une division de Bühler Motor, le fabricant fribourgeois de composants électroniques Saia-Burgess est bien armé pour conquérir le marché américain des systèmes de climatisation. Le transfert de la production manuelle vers des pays à bas salaires (Hongrie, Chine) a permis de maintenir une production hautement automatisée en Suisse. Les qualités de la société fribourgeoise résident donc dans le bas niveau de sa base de coûts et une grande souplesse dans l'adaptation de ses effectifs.

Et comme le coût des composants livrés par Saia Burgess est jugé négligeable – de 5 à 75 francs par véhicule – au regard de leurs fonctions, la société ne devrait pas souffrir de la pression sur les prix déployée par les grands constructeurs sur un marché pénalisé par de fortes surcapacités. Parmi les risques principaux à ne pas négliger pour l'investisseur, CSFB insiste sur le risque de change, en euro et en dollar, ainsi que sur celui d'une nouvelle hausse des matière premières.

A l'instar de Saia-Burgess, le fabricant lucernois de systèmes de câblage Komax, qui contrôle la moitié du marché mondial, devrait lui aussi continuer de profiter de la montée en puissance de l'électronique dans les voitures: «Il faut 70 câbles pour installer un système GPS», rappelle un analyste.

En recommandant le titre Georg Fischer, les analystes de CSFB misent sur le potentiel offert par les restructurations et une meilleure utilisation des capacités après la vente d'activités secondaires. Fournisseur d'éléments en aluminium, Georg Fischer profite de la guerre permanente contre l'alourdissement des véhicules menée par les constructeurs automobiles.