C’est un changement complet de paradigme qui a été annoncé en début de semaine par le géant de la sous-traitance Foxconn. Le groupe taïwanais, qui fabrique notamment l’iPad et l’iPhone d’Apple ainsi qu’une multitude d’appareils électroniques, envisage de procéder à des investissements sans précédent pour automatiser sa chaîne de production.

La société qui compte un million d’employés, principalement en Chine, mais utilise seulement 10 000 robots, réorganisera ses systèmes de production. Ce nombre devrait grimper à 300 000 robots l’an prochain, pour atteindre un million en 2013, a déclaré Terry Gou, président et directeur de Foxconn, lors d’un discours tenu devant les collaborateurs de son principal site de production de Shenzhen, au sud de la Chine, a rapporté mardi le Financial Times.

Davantage de valeur ajoutée

S’il s’est refusé à confirmer les chiffres évoqués par le quotidien britannique, le patron de Foxconn a souligné que l’opération a pour objectif d’accroître la valeur ajoutée du travail effectué par les collaborateurs du groupe au-delà de simples travaux manufacturés. L’an dernier, une série de suicides d’employés travaillant dans les usines de Foxconn à Shenzhen avait fortement terni la réputation du géant taïwanais, accusé d’exploiter son personnel.

Coûts du travail en hausse

Pour d’autres observateurs, le revirement stratégique de Foxconn s’explique surtout par la hausse des coûts du travail dans l’Empire du Milieu. Les salaires des travailleurs migrants, qui constituent l’essentiel des effectifs de Foxconn au sud de la Chine, ont crû entre 30 et 40% en 2010 et devraient continuer d’augmenter de 20 à 30% par an jusqu’à 2013 au moins, estimait le responsable régional de la recherche de Credit Suisse en Chine. Dans ce contexte, les tâches les plus simples pourraient être transférées dans d’autres régions situées à l’intérieur de la Chine où les salaires restent encore nettement inférieurs.