Foxconn peine à remplacer les employés par des robots

Electronique La semaine passée, 1000 ouvriers se sont mis en grève en Chine

Mercredi passé, quelque 1000 employés sur les 30 000 de Foxconn travaillant à Chongqing, sud-ouest de la Chine, se sont mis en grève une journée. Ces ouvriers, qui travaillent dans une usine œuvrant pour HP, protestaient contre une baisse de leurs heures supplémentaires. Des heures qui, selon l’organisation de défense des employés China Labor Watch, comptent aujourd’hui pour une part importante du salaire mensuel.

Un accord, dont le contenu n’a pas été rendu public, semble être intervenu jeudi. Ce mouvement de protestation est survenu alors qu’une grève avait eu lieu le mois dernier dans une usine brésilienne du fabricant taïwanais.

Pour diminuer les troubles au sein de ses entreprises, mais aussi pour limiter les coûts salariaux, Foxconn veut miser sur les machines. En 2011, le directeur de Foxconn, Terry Gou, annonçait vouloir utiliser d’ici à 2014 un million de robots fabriquant des ordinateurs et des smartphones. Le premier fabricant de produits électroniques au monde, employant aujourd’hui 1,2 million de personnes – pour la majorité en Chine –, utilisait alors quelque 10 000 robots. Aujourd’hui, Foxconn n’en utilise guère davantage et essaie de déployer une deuxième génération de robots.

Le processus a pris du retard, car les robots ne sont pas encore capables d’effectuer des opérations assez fines. Ils sont utilisés pour des tâches de base: le polissage, serrer des vis et mettre en place les plus grands composants. Foxconn souhaite passer à la deuxième génération de robots, qui sont actuellement en phase de test. Chacune de ces machines coûte entre 20 000 et 25 000 dollars. Selon le directeur de Foxconn, «les robots ne sont pas prévus pour remplacer le travail effectué par l’homme, mais pour changer sa façon de travailler».

L’effet iPhone 6

Cette mutation se déroule alors que Foxconn bénéfice de l’effet iPhone: en septembre, son chiffre d’affaires a crû de 23% sur un an, surtout grâce à la demande pour le smartphone d’Apple. Mais l’embellie pourrait ne pas durer. Selon une étude publiée lundi par l’institut GfK, le marché mondial des smartphones «se rapproche de son point de saturation». L’essor du marché des smartphones haut de gamme (à partir de 480 francs, selon les critères de GfK) «est condamné à décliner et ce à court terme». Ce marché devrait enregistrer une croissance de 8% en 2015 après avoir bondi de 24% en 2013. Selon l’institut, d’ici trois ans 69% de la population mondiale possédera un smartphone – le pourcentage actuel est de 62%.