2e pilier

Les frais de gestion de la fortune sont nettement sous-évalués

La statistique des caisses de pension ne fait apparaître qu’un quart des 3,9 milliards qu’ils atteignent en réalité. Des mesures simples permettraient pourtant de les réduire

Les frais de gestion de la fortune du 2e pilier sont nettement sous-évalués. La statistique des caisses de pension ne fait apparaître qu’un quart des 3,9 milliards qu’ils atteignent en réalité. Des mesures simples permettraient pourtant de les réduire.

Pour chaque tranche de 100 francs de fortune du 2e pilier, 56 centimes sont dépensés en moyenne pour la gestion de la fortune. Une étude publiée lundi par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) fait apparaître le pot aux roses.

Les frais de gestion de la fortune diffèrent nettement selon les caisses de pension, puisqu’ils peuvent aller de 0,15 à 1,86% du capital, a expliqué l’auteur de l’étude, Ueli Mettler. La moyenne atteint 0,56%. Cela correspond à 3,9 milliards pour une fortune de prévoyance totale de 698 milliards de francs, à fin 2009.

Réduire la facture

Pourtant, les comptabilités des institutions LPP ne font apparaître que 795 millions et celles des assureurs vie actifs dans le 2e pilier 286 millions. La plus grande partie des frais cachés est le fait des placements alternatifs (hedge funds ou matières premières par exemple).

Pourtant, plus les frais de placement de la fortune sont élevés, plus le rendement net est réduit, selon M. Mettler. Ainsi, l’augmentation des coûts en raison par exemple de produits financiers complexes n’a pas été payante, puisqu’elle a au contraire réduit le résultat.

L’OFAS espère désormais corriger le tir. Politiquement, il s’agit de réaliser la transparence avec une publication intégrale des frais, a relevé le directeur de l’OFAS, Yves Rossier. Pas question cependant d’imposer des mesures légales: la balle est dans le camp des conseils de fondation des caisses de pension. Il est actuellement impossible d’évaluer le potentiel d’économies réalisables dans le domaine de la gestion des fonds du 2e pilier.

Les institutions peuvent agir par exemple en réduisant le nombre de gestionnaires de leurs produits, en faisant jouer la concurrence ou en renégociant régulièrement les mandats, a ajouté M. Mettler. Autres moyens: choisir des formes de placement plus intéressantes fiscalement, réduire la part des placements alternatifs ou passer d’un mode de gestion actif à un mode passif.

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