Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
A l’image de La Poste qui teste actuellement des robots de livraison, de plus en plus de sociétés suisses voient dans l’adoption rapide de nouvelles technologies une manière de compenser les effets négatifs d’une implantation en Suisse.
© KEYSTONE

PME

Le franc fort accélère la robotisation de l’industrie

Les PME misent sur l’introduction de nouvelles technologies pour gagner en compétitivité, selon une étude de Credit Suisse. Le secteur industriel prépare déjà sa quatrième révolution

La numérisation, antidote au franc fort? C’est la solution privilégiée par une «large majorité» des PME suisses pour compenser les désavantages liés à une implantation en Suisse, selon un récent sondage de Credit Suisse.

L’introduction de nouvelles technologies est considérée par 72,3% des PME sondées par la banque helvétique comme importante à très importante pour gagner en compétitivité. Même si la Suisse reste globalement considérée comme favorable aux affaires, la force du franc et le niveau des coûts de production plombent la compétitivité des 1942 entreprises interrogées par Credit Suisse. Même si elle reste la solution la moins populaire, près d’un quart des PME interrogées (23,8%) dit envisager une délocalisation. Les microentreprises (- de 10 employés), qui représentent quelque 90% du tissu économique suisse, sont les plus circonspectes quant au futur.

Des robots face au franc fort

Ces résultats ont «étonné» les responsables de l’étude, compte tenu des signes de reprise de l’économie, explique Emilie Gachet, économiste chez Credit Suisse: «Cela prouve que toutes les PME n’ont pas encore réussi à s’adapter aux nouvelles conditions monétaires et qu’elles anticipent, peut-être, des difficultés liées à l’application de l’initiative contre l’immigration de masse.»

Credit Suisse suggère toutefois que, plus qu’un frein, cette période d’incertitude économique a représenté un moteur d’investissement pour les entreprises cherchant à regagner en compétitivité. «Le franc fort a accéléré la robotisation de l’industrie, souligne Michael Willimann, responsable clientèle auprès des entreprises romandes pour Credit Suisse. On l’a bien senti dans les demandes de crédits ou de leasings», qui concernent de plus en plus souvent des investissements dans la robotique.

Souvent considéré comme destructeur d’emplois, le virage numérique permet aussi de développer des services complémentaires. A l’image des sous-traitants qui grâce à un système de sondes gèrent à présent, en temps réel, l’état des stocks de leurs clients et déclenchent eux-mêmes la demande de livraison. «Les entreprises qui sont le mieux positionnées aujourd’hui sont celles qui ont investi 10% de leur chiffre d’affaires dans la numérisation», constate Michael Willimann.

Ubérisation de l’industrie

La tendance est en marche. Les nouvelles possibilités offertes par la numérisation étaient également au cœur de la Journée annuelle de l’industrie de Swissmem dédiée à l’industrie 4.0 qui a réuni 1600 personnes. «Notre secteur est en train de vivre un changement de paradigme, reconnaît Philippe Cordonier, le responsable romand de l’association faîtière de l’industrie suisse des métaux et des machines. Au même titre que la numérisation des services avec Uber ou Airbnb.»

Lire aussi: «L’industrie suisse redoute la révolution numérique»

Le train est pourtant déjà en marche. Plus d’un cinquième des PME interrogées par Credit Suisse font déjà une large utilisation des nouvelles technologies. Depuis 2012 déjà, le sous-traitant Blexon, basé à Galgenen (SZ) propose aux entreprises de commander sur internet des pièces métalliques sur mesure, illustre Philippe Cordonier. «Des métiers vont disparaître et d’autres vont apparaître. Il va aussi y avoir du changement dans la manière de former les gens.» Afin d’accompagner les entreprises dans cette transition numérique, Swissmem a lancé un site de conseils et de mise en réseau.

Car toutes les PME ne sont pas égales face à ces changements, rappelle l’étude de Credit Suisse. Les plus grosses structures s’en tirent bien mieux que les microentreprises. Tout comme les jeunes entreprises, pour qui l’adoption de nouvelles technologies n’implique pas une procédure d’adaptation à de nouveaux systèmes.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)