Les producteurs suisses de boissons rafraîchissantes souffrent aussi du franc fort. En 2015, les exportations ont diminué de 16,2% à 35’300 litres, a annoncé mercredi l’Association suisse des sources d’eaux minérales et producteurs de soft drinks (SMS) lors de son bilan annuel. La production a, elle, reculé de 1,9% à 506 millions de litres.

Pour Christiane Zwahlen, porte-parole de la faîtière qui représente 16 entreprises totalisant 97% des boissons rafraîchissantes produites en Suisse, le franc fort et le tourisme d’achat expliquent ce recul. «Les embouteilleurs suisses ont de la peine à s’adapter au taux de change. Ils n’ont pas la possibilité de répercuter une éventuelle baisse des prix sur leurs fournisseurs», explique-t-elle.

Recul des recettes

La semaine dernière, c’est Rivella qui faisait état de difficultés à l’étranger. Les recettes des exportations du producteur suisse de boisson ont diminué de 11,5%. Et ce, malgré un volume de vente en constante augmentation depuis trois ans: 26 millions de litres en 2015, un record. Pour le directeur de la marque Erland Brügger, qui s’exprimait lors de la présentation des résultats, cette contre-performance s’explique avant tout par «la thématique des taux de change».

Autre problème pour les producteurs suisses de boissons: les importations parallèles. En 2015, ces dernières ont progressé de 9,8% et représentent désormais 22% du marché. Les importations d’eaux minérales ont, elles, augmenté de 8,5%, totalisant près de 41% de l’ensemble des ventes en Suisse. «Il a fait très chaud cet été. Les Suisses ont consommé de plus grandes quantité d’eau minérale. Un produit qui est souvent importé», justifie Christiane Zwahlen.

En 2014, Denner s’était engagé dans un long bras de fer avec Coca-Cola autour du prix de ses bouteilles. La filiale de Migros s’est mise à importer des sodas brassés en République Tchèque plutôt qu’en Suisse jusqu’à ce que la multinationale cède et accepte de vendre ses sodas au prix tchèque, soit 1,95 franc la bouteille de deux litres. La marque revendique une consommation suisse produite à 90% localement.

Bière en recul

Le brasseur Feldschlössen a également dû rogner sur ses marges. Il annonce un recul de son chiffre d’affaires pour la bière de 1,7% en 2015 en raison «d’une baisse générale dans la restauration suisse et de prix discount et de promotions dans le commerce de détail sous l’effet du choc du franc suisse». Il annonce avoir pu compenser son mauvais premier semestre grâce à un été long et chaud.

Une météo qui est pourtant restée sans effet sur la consommation de boissons rafraîchissantes. En moyenne, les Suisses en ont consommé 72 litres sur l’année, un résultat en stagnation par rapport à l’année dernière. Sur la même période, la consommation d’eaux minérales a, elle, progressé de 4,7%, à 115 litres par personne. Une tendance européenne. Selon la faîtière, quelque 20 000 emplois sont directement ou indirectement rattachés à ce secteur en Suisse.