conjoncture

Le franc fort fait reculer le PIB suisse de 0,2%

L’économie s’est contractée sur le premier trimestre de l’année. Une première depuis 2011

Le franc fort fait reculer le PIB suisse de 0,2%

Conjoncture Une première depuis 2011

L’économie suisse ne s’était pas contractée depuis 2011. Vendredi, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a annoncé un recul de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) sur le premier trimestre de l’année. La majorité des analystes tablaient, eux, sur une stagnation.

«Le recul est significatif. Il y a eu un effet très net de l’appréciation du franc sur les prix et les volumes», commente Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture du Seco. La balance commerciale a pesé négativement sur les résultats. Les exportations de marchandises ont subi le contrecoup de la hausse du franc avec un recul de 2,3%, notamment dans la chimie et la pharmacie. Les machines, l’électronique ainsi que l’horlogerie et la bijouterie ont aussi tous enregistré une évolution négative.

Pour l’analyste d’IG Bank Laurent Bakhtiari, une étape importante a été franchie: «Nous sommes passés d’une croissance de 0,6% sur le trimestre précédent à des valeurs négatives. Nous pourrions effectivement entrer en déflation le trimestre prochain. D’autant qu’il n’y a pas de signes positifs indiquant que l’inflation pourrait repartir.»

L’hébergement sinistré

Ce recul contraste avec la relance de la croissance européenne. De quoi soutenir le tourisme et les exportations suisses? Laurent Bakhtiari reste pessimiste: «Ces résultats sont surtout liés au programme de relance européen, plutôt que basés sur une croissance organique. Les exportations souffrent surtout du taux de change. Et ces dernières sont maintenant 15% plus chères que l’année passée.»

Autre secteur particulièrement affecté: l’hébergement, dont la valeur ajoutée a reculé de 3,8%. La faîtière GastroSuisse n’est pas surprise par ces chiffres. «En mars, certaines régions ont enregistré jusqu’à 17% de recul des nuitées, rappelle Casimir Platzer, son président. Les villes, qui peuvent compter sur leur tourisme d’affaires, sont moins touchées que les régions de montagne. Pour ces dernières, nous appréhendons grandement les saisons à venir.»

Le Seco rappelle que le recul trimestriel du PIB reste modéré et pourrait être soumis à révision. «L’effet du taux de change sur les prix et l’activité devrait s’atténuer dans le courant de l’année. Beaucoup laisse à penser que les prévisions de croissance annuelle de 0,9% pourront se réaliser en 2015.»

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