Le bas niveau du franc suisse par rapport aux autres monnaies continue d'inquiéter ses responsables. La devise «dévie de sa valeur fondamentale», a déclaré le président de la Banque nationale Jean-Pierre Roth à l'occasion de la rencontre bisannuelle des dirigeants des institutions de Bretton Woods, selon l'agence Bloomberg.

Le responsable monétaire a ajouté que «en cas de turbulences sur les marchés financiers, le franc pourrait réagir de manière à constituer un obstacle à notre capacité d'exportation». La référence aux brusques mouvements des changes toujours possibles en cas de crise est transparente, avec une allusion claire à l'effet de levier induit par les opérations de carry trade. Il s'en explique: «Les marchés financiers ne s'intéressent que très peu aux fondamentaux économiques, et beaucoup aux différentiels de taux d'intérêt.»

Merz pas encore troublé

Pour cause de férié à Zurich, la BNS n'a pas été en mesure de confirmer ces propos. Ils accréditent cependant l'opinion des marchés selon laquelle la BNS prépare un, voire deux nouveaux relèvements de taux cette année, de 25 points de base chacun. En réaction, le franc s'est légèrement raffermi lundi face à l'euro, de 1,647 à 1,641.

Ce que les marchés apprécient, le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz le redoute. «Une nouvelle hausse des taux n'est pas nécessaire, dans une perspective à court terme», a-t-il déclaré à Bloomberg TV -?interview confirmée par Berne - en marge de la réunion de Washington. Pour étayer ses propos, le chef du Département fédéral des finances a minimisé l'impact du carry trade. «Je serais inquiet si le volume s'accroissait, suivi par une contre-réaction. Mais cela n'a pas l'air de se produire pour le moment.»