Au lendemain d’un fort rebond, les marchés financiers reprenaient leur souffle en Europe vendredi après un geste sans précédent de la Banque centrale européenne (BCE) qui s’est engagée à racheter sans limites la dette à court terme des Etats fragiles de la zone euro.

Les bourses asiatiques, qui avaient terminé nerveuses la veille sans connaître les décisions de la BCE, ont été gagnées à leur tour vendredi par l’euphorie. Mario Draghi, président de la BCE, «a fait du bon travail, à la hauteur des attentes», ont souligné les économistes chez Crédit Agricole CIB.

De Paris à New York, en passant par la Suisse, un vent d’optimisme a soufflé en effet sur les bourses des deux rives de l’Atlantique, Wall Street finissant même à des plus hauts depuis fin 2007, tandis que les gains atteignaient entre 2% et près de 5% en Europe.

Vendredi, les investisseurs semblaient digérer les mesures annoncées. Vers 9h30, les bourses européennes restaient bien orientées. La bourse suisse prenait ainsi 0,3%.

Ailleurs, Paris gagnait 0,82%, Londres 0,12% et Francfort 0,69%. C’est à Madrid (+1,5%) et à Milan (+1,45%), deux pays que l’intervention de la BCE devrait soulager, que la hausse était plus accentuée.

En Asie, la bourse de Shanghai bondissait de 4,20% en mi-séance, tandis que Hongkong bondissait de 2,77%. Tokyo a pour sa part terminé en forte hausse de 2,20%.

L’euro vaut 1,21 franc

L’euro a en outre franchi vendredi matin le cap de 1,21 franc pour la première fois depuis la mi-mars. Vers 10h00, l’euro valait 1,2108 franc après un plus haut de la journée à 1,2138 franc peu auparavant. Le mouvement de léger affaiblissement du franc suisse a commencé en début de semaine à mesure que se renforçait le sentiment que la BCE procéderait à une annonce sur le rachat de dettes souveraines.

Le marché de la dette se détend

Sur le marché de la dette, le taux d’emprunt à long terme de l’Espagne est passé sous le seuil des 6% vendredi matin, une première depuis fin mai. Le taux de référence à 10 ans de l’Espagne reculait à 5,724% et celui de l’Italie à 5,134%.

Alors qu’il était très attendu, Mario Draghi n’a pas déçu les marchés en annonçant jeudi que l’institut monétaire allait faire un effort sans précédent pour contenir la crise en zone euro.

Cet effort se matérialisera sous la forme d’un vaste programme de rachat de dette souveraine en quantité illimitée ou «Outright Monetary Transactions» (OMT), à la condition stricte que les Etats qui souhaitent en bénéficier aient auparavant sollicité l’aide des fonds de secours européens, le FESF, provisoire, et le MES, son futur successeur.

Le but est de permettre, selon les analystes, à de grands pays en difficulté comme l’Italie et l’Espagne de continuer à avoir accès au financement sur les marchés financiers.

Mais les critiques en Allemagne, notamment de la banque centrale (la Bundesbank), font valoir que ce programme, qu’ils assimilent à un financement direct des Etats, ne va pas inciter l’Italie et l’Espagne à engager les réformes nécessaires pour redresser leurs comptes publics et relancer la machine économique.