Le franc suisse encaisse le coût du référendum grec. Malgré l’incertitude liée au sort de la Grèce, la monnaie helvétique reste au-dessus des niveaux de vendredi 26 juin, quand les négociations entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et la troïka avaient été rompues. Lundi en fin de matinée, l’euro valait désormais 1,0435 franc.

Pour l’analyste d’IG Bank, Laurent Bakhtiari, c’est clair: «La Banque nationale suisse a certainement dû intervenir pendant la nuit pour acheter des devises et empêcher le franc de se renchérir. Tout comme elle l’avait communiqué la semaine dernière.» Inquiets face aux turbulences européennes, les investisseurs délaissent la monnaie unique pour acheter des devises plus sûres comme le franc suisse. En conséquence, la banque centrale doit régulièrement injecter des francs suisses sur le marché pour pouvoir acheter des euros. La semaine passée, les dépôts à vue ont progressé de près de 1,3 milliard de francs. Contre 802 millions il y a quinze jours. Aucune information sur les montants ou les achats réalisés n’a été communiquée.

A leur ouverture lundi matin, tous les marchés affichaient des valeurs négatives. Le Dax allemand perdait 1,3% et l’indice SMI 0,7%. Des valeurs qui restent cependant bien en dessous de celles de vendredi 26 juin, jour de la convocation du référendum sur les mesures d’austérité. La bourse suisse avait perdu 2,5% sur l’ensemble de la journée et le Dax 3,5%. «Les investisseurs ne pensaient pas que la Grèce ferait un défaut de paiement, rappelle Laurent Bakhtiari. Ils étaient assez frileux à l’idée du référendum et se sont positionnés en conséquence. Les coûts d’un éventuel Grexit ont déjà été pricés.»

Une analyse que ne partage pas Bruno Jacquier, économiste à la Banque Edmond de Rothschild: «Le marché n’a pas encore intégré le non et ses éventuelles conséquences. La semaine risque donc d’être longue et chahutée sur les marchés, avec une grande volatilité.» Lundi matin, les marchés ont pourtant bien réagi à l’annonce de la démission du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. Cette annonce pourrait contribuer à freiner la chute de l’euro.