Thomas Jordan a toujours été formel. Pour le président de la Banque nationale suisse (BNS), la Suisse ne manipule pas sa devise. Et la probabilité pour le pays d’être placé sur une liste noire par le Trésor américain n’affecte en rien la stratégie de la banque centrale sur le marché des changes.

La question lui a été posée à plusieurs reprises depuis le début de l’année. Publié en janvier, le dernier rapport semestriel du Trésor américain consacré aux partenaires économiques du pays a replacé la Suisse dans la liste grise aux côtés de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, de l’Allemagne ou encore du Vietnam. Une dizaine de pays se trouvaient dans cette sorte d’antichambre de la liste noire qui regroupe, selon Washington, les manipulateurs de devises.