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Myriam El Khomri, ministre du Travail, Manuel Valls, premier ministre, et Emmanuel Macron, ministre de l'Economie.
© DOMINIQUE FAGET

Editorial

Ces Français qui n’ont pas peur des réformes

Il est difficile de dire si le projet de réforme du Code du travail finira par accoucher de changements significatifs, capables d’oxygéner l’économie française

Il est beaucoup trop tôt pour dire si, face à la levée de boucliers syndicale et étudiante de l’autre côté de la frontière, le projet de réforme du Code du travail finira par accoucher de changements significatifs, capables d’oxygéner l’économie française.

Difficile, aussi, de savoir si le tacticien François Hollande accordera jusqu’au bout sa confiance à son premier ministre, Manuel Valls, qui a lié son sort à ce chantier social à haut risque. Le fait que les syndicats français les plus réformistes, autour de la CFDT, ne réclament pas le retrait du texte, prouve en tout cas que l’impasse n’est pas inéluctable. Même si l’impopularité record du président, l’implosion de la gauche et les calculs politiciens de fin de mandat empêchent un virage similaire à celui que négocia jadis, dans une Allemagne percluse de rhumatismes, le social-démocrate Gerhard Schröder.

Lire également : Cette paralysie sociale qui épuise la France

Il est grand temps, en revanche, de reconnaître que de très nombreux Français n’ont pas peur des réformes. Les référendums d’entreprise favorables, sous conditions, à l’augmentation de la durée du travail, l’explosion du nombre des départs volontaires négociés, le succès du statut d’autoentrepreneur ou l’attrait des nouveaux emplois créés par Uber, témoignent, dans l’Hexagone, d’une lame de fond de nouveaux comportements, caractérisés par une plus grande prise de risques.

La France, poussée par sa vitalité démographique, change plus vite que ses élites et ses partenaires sociaux. Chaque brèche ouverte dans le carcan réglementaire est exploitée, y compris hors du secteur privé traditionnel. Le récent rapport d’un député socialiste note ainsi les gisements de l’économie collaborative, futures plateformes de production commune avec, à la clé, une nouvelle organisation du travail. Les réflexions sur de nouveaux modes de contrats et de solidarité, comme ce revenu universel de base soumis au vote en Suisse le 5 juin, y recueillent un réel soutien. Le chômage massif qui sévit depuis des décennies a définitivement sapé, aux yeux de beaucoup, la crédibilité d’un système de toute façon menacé d’asphyxie budgétaire.

Certes, la peur d’une précarisation généralisée du travail, moteur des protestations étudiantes, explique le succès de la pétition en ligne hostile au texte en discussion. Certes, des licenciements massifs sont à craindre en cas de déréglementation, tant la compétitivité des entreprises françaises s’est dégradée. Mais l’erreur, au seuil de cette dernière année du quinquennat Hollande, serait de croire les choses figées. Moyennant de réelles contreparties en échange d’une flexibilité accrue, l’opinion peut être convaincue. Les syndicats les plus intransigeants ne sont plus aussi forts. La rébellion d’une partie du PS peut être contournée. Dans cette France ankylosée, le moment est peut-être plus propice aux réformes qu’il n’y paraît.

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