France Télévisions et Radio France devront entrer dans une phase de profonds changements. En décembre dernier, Emmanuel Macro avait exprimé son désir de lancer un «grand travail de réflexion» sur l’audiovisuel public afin de mieux répondre aux besoins des consommateurs. Le Journal du Dimanche (JDD) détaille les pistes privilégiées.

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L’audiovisuel public est actuellement financé en grande partie par la «redevance-télé, laquelle est payée par les personnes imposables à la taxe d'habitation occupant un logement équipé d'un téléviseur ou dispositif assimilé. Un projet, soutenu par le président de Radio France, Mathieu Gallet, consiste à passer à un système de redevance universelle.

Selon le sondage Ifop, publié par le JDD, 65% des Français sont favorables à ce principe. Seuls 35% sont contre. La majorité (68%) de ceux qui s'opposent à cet impôt pour tous ne paye pas aujourd'hui de «redevance télé». Et 70% des personnes favorables à une redevance universelle paient déjà la contribution à l'audiovisuel public.

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Le sondage souligne un degré significatif de satisfaction à l’égard des programmes proposés par les chaînes publiques : 59% s'en disent satisfaits, quand 41% la critiquent. Comme ailleurs dans le monde, les 25-35 ans sont les plus critiques (47% de satisfaits),et les plus de 65 ans les plus satisfaits (72%).

Un partage des responsabilités

Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, déclare, dans une interview au quotidien dominical, être la «garante de l’indépendance de France Télévisions». Elle n’observe pas de tension avec le gouvernement: «Ce n'est pas la nature des liens que France Télévisions entretient avec l'État, je parlerais davantage de nouvelles exigences. Nous travaillons sereinement avec un partage clair des responsabilités : au gouvernement et au Parlement de définir la réforme – sa vision et son ambition –, ma mission consiste à offrir une télévision de qualité aujourd'hui tout en préparant celle de demain», indique-t-elle.

Enfin, elle explique que «La dernière loi date de 1986, c'est à-dire de la préhistoire quand on parle de télé, et tout l'écosystème mérite, en effet, d'être profondément repensé. Redéfinir les missions du service public dans le cadre de la réforme telle qu'elle s'annonce me semble être une bonne chose. C'est gagnant-gagnant pour tout le monde : l'État, France Télévisions et les téléspectateurs.»

Delphine Ernotte se dit également ouverte à des collaborations avec le privé, notamment à «des accords avec TF1 et M6». A son goût, «la concurrence sur les audiences tous les matins à 9 heures, c'est le vieux monde. Maintenant ce sont Google et Netflix nos concurrents. Dans le même esprit, je discute avec Orange sur de possibles coopérations.»