KIF Parechoc, Générale Ressorts, Décovi, Vardeco, Giltec et Polinox, soit six fournisseurs romands. D’un seul coup, la société familiale française Quilvest entre dans le capital-actions de ces entreprises, connues et reconnues notamment dans la sous-traitance horlogère. C’est grâce à une injection de plus de 30 millions de francs dans la maison mère, la holding Acrotec, qu’elle en est devenue un actionnaire de référence, selon un communiqué de presse publié lundi. La majorité reste néanmoins en mains des autres propriétaires, soit la direction actuelle. L’opération s’est faite à l’occasion de la sortie du capital de la société d’investissement EPF Partners, qui a accompagné le développement d’Acrotec depuis 2006. Aucun autre détail financier, comme la part exacte acquise au capital, n’a été dévoilé.

Les six entités de la holding, basée à Develier (JU), réalisent un chiffre d’affaires de 70 millions de francs avec quelque 300 personnes. Toutes conservent leur emploi. Acrotec est un groupe ­indépendant, créé par des professionnels de l’horlogerie et de la micromécanique, qui fournit des composants pour l’horlogerie tels que les antichocs, les dispositifs de réglage fin, les masses oscillantes ou encore les barillets complets avec ressorts.

«Nous ne sommes pas un fonds qui investit dans des entreprises et sort ensuite du capital après plusieurs années. Notre investissement s’inscrit dans la durée», détaille Thomas Vatier de Quilvest. Ce groupe possède également une banque de gestion de fortune, avec une filiale à Zurich, et a investi parmi d’autres dans des entreprises comme le spécialiste britannique de la cuisine japonaise Yo! Sushi ou encore le français Paprec, actif dans le recyclage, domaine où il génère un chiffre d’affaires de plus de 500 millions d’euros (600 millions de francs).

Quatre milliards d’actifs

En mains depuis sept générations de la famille Bemberg, Quilvest détient entre autres des bureaux à Paris, Londres, Zurich, Luxembourg, New York, Dubaï, Singapour et Hongkong. Sa filiale de private equity – investissement dans des sociétés non cotées – gère environ 4 milliards de dollars d’actifs (3,81 milliards de francs). Les fondateurs ont fait fortune il y a un siècle dans les activités brassicoles.

«L’horlogerie est certes un domaine cyclique mais il existe de belles perspectives pour la sous-traitance. Notamment dans un contexte de réduction des livraisons décidée par Swatch Group», selon Thomas Vatier. Et de parler «de la très belle histoire d’Acrotec, bénéficiaire, qui sera poursuivie dans les années à venir». Les six entités de la holding jurassienne sont également actives dans le médical, la connectique, l’automobile et l’aéronautique. Quilvest a assuré qu’elle soutiendrait Acrotec «dans son programme de croissance tant organique que par acquisitions et en maintenant son indépendance».