Le débat sur la réduction hebdomadaire du temps de travail est toujours empoisonné en France. Entre l’utopie d’un partage équitable de l’emploi, la nécessité d’adapter les ressources humaines à la robotisation croissante et la volonté de ne pas tout sacrifier aux besoins de l’entreprise et à cet «ogre social» qu’est le marché, la discussion a fini, depuis l’instauration obligatoire des 35 heures en 2002, par tourner en rond.

Aucun président, Nicolas Sarkozy inclus, n’a d’ailleurs osé détricoter cet acquis social. Priorité à son contournement, via des dérogations à tous les étages, dont les dernières sont contenues dans la fameuse loi Macron de 2016 et dans les ordonnances de 2017 sur la réforme du marché du travail. La loi défendue en 2000 par le tandem socialiste ministériel Dominique Strauss-Kahn (Economie) et Martine Aubry (Affaires sociales) a peu à peu été dévitalisée dans le secteur privé. Tout en continuant à servir de repère – et de casse-tête – dans la fonction publique.