En Moselle, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière luxembourgeoise, non loin de l’Allemagne et de la Belgique, dans une région durement touchée par la désindustrialisation, un projet pharaonique a vu le jour. Présenté mardi, il s’agit d’un centre d’affaires et d’exposition destiné aux PME et PMI chinoises, dont la construction s’échelonnera sur une dizaine d’années, et dont la première phase démarrera à l’automne. Sur plus de 200 000 m2 dans un premier temps (6 millions de m2 prévus en bout de course), quelque 2000 entreprises chinoises seront accueillies avec un objectif: les aider à ouvrir la porte des marchés français et européen. La plateforme d’échange fonctionnera également dans l’autre sens, en soutien aux entreprises européennes qui veulent exporter vers la Chine. Comex Holdings, maître d’œuvre de ITEC-TerraLorraine, a détaillé son hub commercial hier à Paris.

Le projet, aux ambitions européennes, est entièrement privé, l’investissement prévu pour la première phase se monte à 150 millions d’euros. Ses promoteurs promettent la création de 3500 emplois directs, si bien que le Conseil général de Moselle et les acteurs publics locaux se sont rangés derrière le parc d’affaires, délivrant rapidement les autorisations. Un label de qualité sera créé par la société genevoise SGS; les locataires du site devront impérativement y souscrire. «Les préréservations sous forme de lettres d’intention permettraient déjà d’occuper 400 000 m2», annonce Régis Passerieux, président de TerraLorraine.

Contacts en Europe

De fait, les Chinois sont pressés. L’association chinoise des petites et moyennes entreprises (Casme), qui représente 200 000 sociétés, ou les chambres de commerce partenaires, comme celle de Wuhan, première ville des investissements français en Chine, poussent les promoteurs à avancer plus rapidement. Pour les satisfaire, une plateforme web «B to B» sera mise en service dès cet été. Pour l’instant, les entreprises chinoises intéressées sont actives dans l’électro­ménager, l’électronique, les composants et réseaux de télé­communication, l’énergie verte ou les matériaux. HSBC s’occupera de l’accueil bancaire et financier, du crédit et de la couverture export; l’assureur Axa de la couverture du système logistique. Côté européen, des contacts ont été pris en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie, au Benelux.

A ceux qui craignent un tapis rouge trop facilement déroulé à la concurrence chinoise, Frédéric Basset, président de Comex Holdings, réserve cette réponse: «Le projet se veut à parité complète entre les entreprises chinoises et européennes. En leur permettant de se rencontrer, les développements économiques seront plus importants de part et d’autre, que si chacun reste de son côté.»