La mise en examen de l’ex-PDG de France Télécom Didier Lombard pour «harcèlement moral» a un caractère inédit, selon des juristes, dans la mesure où les précédents dossiers au pénal n’étaient pas liés à un «harcèlement managérial collectif» des salariés, mais individuel.

L’ex-dirigeant a été mis en examen mercredi en France dans l’enquête sur la vague de suicides dans le groupe – qui pourrait connaître le même sort vendredi en tant que personne morale – et risque in fine d’être renvoyé en correctionnelle.

Didier Lombard avait dû quitter la direction opérationnelle de l’opérateur en mars 2010, fragilisé par une trentaine de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009.

Selon le syndicat SUD, le premier à porter plainte fin 2009, cette mise en examen d’un dirigeant «pour harcèlement moral et institutionnel» constitue une première en France.

Pour Patrick Thiébart, avocat en droit social au cabinet Jeantet, le syndicat a «tout à fait raison» de dire que c’est «sans précédent», parce que «la Cour de cassation s’est déjà prononcée» mais dans des cas de «harcèlement managérial individuel».

Or, dit-il, ici, «ce qui est recherché c’est le harcèlement managérial mais collectif».

En 2008 et 2009, le nombre des suicides de salariés s’est établi à 35, selon direction et syndicats. Engagée dans des restructurations, l’entreprise avait supprimé 22 000 postes entre 2006 et 2008 et procédé à 10 000 changements de métier. (AFP)