France Télécom a attendu Noël pour dévoiler l’identité du repreneur de sa filiale Orange Suisse. Il s’agit du fonds britannique Apax Partners. La transaction porte sur une valeur d’entreprise de 2 milliards de francs. Elle doit encore être avalisée par le conseil d’administration du géant français et la Commission de la concurrence (Comco).

Orange Suisse, troisième opérateur du pays, doit être cédé à des fonds d’investissement conseillés par le fonds britannique Apax Partners. La transaction, encore soumise à l’accord des autorités helvétiques, sera présentée au conseil d’administration de France-Télécom-Orange au cours de la semaine du 9 janvier 2012, a précisé le groupe dans un communiqué samedi. Avec 2 milliards de francs, le montant de la cession se situe dans la fourchette basse des estimations de France Télécom. Mi-décembre, le groupe avait dit espérer récupérer entre 1,8 et 2,5 milliards de francs. «Ce prix est attractif et même légèrement au-dessus des récentes opérations dans le secteur», a estimé le groupe dans son communiqué.

Le géant français des télécommunications avait indiqué avoir reçu cinq offres de reprise. Il évoquait des fonds d’investissement, mais aussi d’industriels. L’identité des quatre autres candidats n’a pas été révélée.

Les noms du Français Xavier Niel, patron de Free, et du milliardaire et homme politique égyptien Naguib Sawiris, ex-patron d’Orascom, avaient été évoqués ces derniers mois parmi les repreneurs potentiels. France Télécom avait annoncé fin juillet l’engagement d’un processus en vue d’une cession d’Orange Suisse. Cette décision représente le morceau de choix du programme de cession d’actifs du géant français, en quête de rationalisation de ses investissements européens.

Les autres cessions prévues concernent 35% du capital de l’autrichien One et 20% du portugais Sonaecom, et doivent représenter une centaine de millions d’euros, selon le groupe. En revanche, France Télécom ne prévoit pas d’abandonner sa juteuse filiale belge Mobistar et pourrait au contraire vouloir se développer en Belgique en rachetant les parts des minoritaires de cette filiale.

France Télécom a décidé de sortir du marché suisse où il ne vient qu’en troisième position, derrière Swisscom et Sunrise. Ses parts de marché «déclinaient depuis 2008 et l’opérateur n’avait pas la possibilité de devenir leader», a expliqué le géant français.

Le deuxième opérateur suisse et Orange Suisse avaient tenté en 2010 de fusionner leurs activités pour gagner du terrain sur Swisscom, mais le projet avait été bloqué par la Comco. Orange Suisse (1200 employés et 1,6 million de clients), basé à Renens (VD), occupe 17% du marché helvétique, contre 20% pour Sunrise. Partenaire sérieux

Le fonds britannique Apax Partners n’était pas atteignable samedi pour donner son point de vue. Quant à Orange Suisse, la société ne peut actuellement pas prendre position, a indiqué à l’ATS sa porte-parole Thérèse Wenger.

Apax est considéré comme un partenaire familier du marché suisse. Depuis 2006, il fait partie d’un consortium propriétaire de l’opérateur danois TDC, qui a vendu l’opérateur zurichois Sunrise à l’automne 2010.