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Sur le principe, c’est comme une caution pour un bail à loyer: vous avez une somme bloquée, que vous utilisez en cas de problème. Cela permettrait de réduire le nombre de personnes qui se retrouvent aux poursuites.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

Assurance maladie

«La franchise à 10 000 francs devrait être bloquée comme une caution»

Philippe Nantermod, député libéral-radical valaisan, est séduit par la proposition de la CSS de créer une assurance avec une franchise très élevée. A condition que la personne ait les moyens de payer

Il y a deux semaines, Philomena Colatrella, présidente de la CSS, évoquait l’idée d’une assurance maladie aux primes réduites, mais avec une franchise très élevée. Cette proposition intéresse Philippe Nantermod, parlementaire membre de la Commission de la sécurité sociale et la santé publique, qui défend la création du compte épargne-santé.

Le Temps: L’idée de la CSS d’une assurance avec une franchise à 10 000 francs ne vous fait pas sauter au plafond. Pourquoi?

Philippe Nantermod: Tout le monde n’a pas besoin d’une assurance qui rembourse les soins dès le premier centime. Les jeunes qui sont en bonne santé sont déjà de plus en plus nombreux à opter pour une franchise à 2500 francs. Avec celle de 10 000 francs, ils paieraient des primes encore moins chères. C’est une solution intéressante pour alléger le porte-monnaie des actifs et surtout des familles. Mais pour éviter que ces assurés ne se retrouvent aux poursuites s’ils tombent malades, il faudrait imposer un critère de solvabilité: qu’ils aient 10 000 francs bloqués sur un compte.

Lire aussi: Franchise à 10 000 francs, ils seraient preneurs

Mais les Suisses n’ont pas tous 10 000 francs d’économies! Que répondez-vous à ceux qui pensent que ce système ne serait pas juste, car il favorise les plus riches?

D’abord, je pense que le système actuel est déjà à deux vitesses, car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir des assurances complémentaires. Et puis les personnes qui ont une franchise à 2500 francs aujourd’hui ne sont pas égoïstes: en gros, leurs primes servent à payer les maladies des autres, car si elles sont malades, c’est elles qui déboursent. Avec une franchise encore plus élevée, le principe de solidarité ne disparaîtrait pas! Bien sûr que 10 000 francs, c’est une somme élevée. Mais avec une prime à 80 francs, je peux mettre de côté ce que j’aurais payé si j’avais une franchise à 2500 francs. Et à ce rythme, au bout de quatre ou cinq ans, j’ai épargné 10 000 francs. L’idée serait de les avoir sur un compte épargne-santé, sur lequel je vais déposer une motion en juin.

Lire aussi: L’idée d’une franchise maladie à 10 000 francs allume le feu

Ce compte épargne-santé serait donc un prérequis pour cette nouvelle assurance?

S’il est créé, il fonctionnerait très bien avec le système d’une franchise à 10 000 francs. Sur le principe, c’est comme une caution pour un bail à loyer: vous avez une somme bloquée, que vous utilisez en cas de problème. Cela permettrait de réduire le nombre de personnes qui se retrouvent aux poursuites car elles sont tombées malades et n’ont pas pu payer les 10 000 francs. Avec une exception: à mon avis, pour les malades chroniques, le traitement devrait être remboursé dès le 1er centime. Cela fait l’objet d’une motion que j’ai déposée en février dernier.

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