L’histoire

Franck Muller a été mise en faillite… durant huit jours

La marque horlogère a été mise en liquidation fin avril. Cette décision, qui concernait une facture de 57,70 francs, a été annulée huit jours plus tard. «Une histoire ridicule et déjà réglée», balaie le directeur général, Nicholas Rudaz

Au bout du fil, on sent une certaine lassitude. «C’est une broutille administrative et une histoire tellement ridicule qu’il ne vaut même pas la peine d’en parler», écarte d’emblée le patron, Nicholas Rudaz. Pourtant, depuis le début du mois de mai, cette broutille a suscité bon nombre d’interrogations.

Selon la Feuille d’avis officielle, la marque horlogère Franck Muller a été mise en faillite par un jugement du Tribunal de première instance le 24 avril dernier. «Par conséquent, sa raison sociale devient Franck Muller Watchland SA, en liquidation», écrit sobrement le bulletin officiel.

Affaire de publicité à l’aéroport

La surprise aura été de courte durée et l’affaire est déjà close. Mercredi, la Chambre civile a annulé ce jugement, «vu le paiement de la dette, intérêt et frais compris». Il faut dire que la facture incriminée se montait à… 57,70 francs. Elle était due à APG|SGA, le groupe genevois spécialisé dans l’affichage extérieur.

En l’occurrence, cette facture renvoyait à une affiche publicitaire que la marque horlogère souhaitait mettre en avant dans l’aéroport de Genève. Ce dernier était en travaux, Franck Muller contestait le paiement de l’intégralité de la facture et, à partir de là, «tout s’est emballé et la machine administrative s’en est mêlée. Cela a fait perdre du temps à tout le monde», regrette Nicholas Rudaz.

Développement de 16 000 mètres carrés en vue

Alors que certains imaginaient déjà que la mauvaise conjoncture horlogère avait poussé la marque fondée en 1991 à mettre la clé sous la porte, il n’en est rien. Franck Muller, détenue aujourd’hui par l’homme d’affaires arménien Vartan Sirmakes, continue d’employer environ 370 collaborateurs à Genève et 630 en Suisse. Elle prévoit d’ailleurs d’étendre la surface de sa manufacture de Genthod (GE) en bâtissant quelque 16 000 mètres carrés supplémentaires.


Rectificatif du 19.06.2017

APG|SGA n’est pas responsable de la brève faillite que la marque horlogère Franck Müller a connu durant huit jours ce printemps. Dans un courrier envoyé au Temps, le groupe spécialisé dans l’affichage publicitaire tient à préciser que le différend entre les deux entreprises portait sur une facture de 16 740 francs et non 57,70 francs comme notre article du 10 mai dernier le laisse entendre. Par ailleurs, la facture qui a entraîné la mise en faillite – durant huit jours – de la marque horlogère était due à un autre créancier et non à APG|SGA.

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