Franck Muller fond comme neige au soleil. Après avoir déjà biffé plus d’une centaine d’emplois il y a deux mois sur son site de Genthod (GE), le groupe horloger est désormais contraint de licencier «un maximum» de 200 personnes sur ses 428 collaborateurs restants.

Dans un communiqué diffusé jeudi en fin de journée, Franck Muller explique cette nouvelle restructuration par la «très importante baisse des commandes». «Les carnets sont vides», ajoute Yuliana Ramirez, porte-parole de la société, contactée par Le Temps. Comme de nombreuses autres sociétés de la branche, Franck Muller est victime de la chute de la consommation de produits de luxe dans le monde entier. Les exportations horlogères helvétiques se sont contractées d’un quart au premier trimestre, et la tendance s’est poursuivie en avril (–26%).

Vieille de 18 ans, la société – qui fait fréquemment l’objet de rumeurs quant à sa santé financière – a connu un essor fulgurant jusqu’à l’an dernier, créant 250 emplois au cours des cinq dernières années. Avec cette nouvelle restructuration, tous ces développements sont effacés. Les projets d’expansion aux Bois, dans le Jura, et à Pont-en-Ogoz, dans le canton de Fribourg, dont le gel avait été décrété il y a deux mois, semblent aujourd’hui très compromis.

En effet, Franck Muller ne cache pas que son redimensionnement est «structurel» et qu’il vise par conséquent à «adapter son outil de production» à la nouvelle donne. La société ajoute qu’elle se compresse de la sorte afin d’«assurer sa pérennité dans des marchés très difficiles».

Indemnité de licenciement

Les collaborateurs licenciés – principalement actifs dans les départements consacrés à la production de composants d’habillage pour les nouvelles marques – toucheront une indemnité de licenciement basée notamment sur l’ancienneté et l’âge. Franck Muller ne fait nulle mention d’une éventuelle négociation avec les syndicats. A ce titre, on notera qu’Unia avait refusé de signer, il y a un mois, le plan social proposé par le groupe en raison du flou qui régnait quant au nombre de postes effectivement biffés.