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Interview de la semaine

François-Henri Pinault: «Grâce au luxe et au «lifestyle», le chiffre d’affaires de PPR va doubler»

François-Henri Pinault est le président-directeur général du groupe français PPR. Il explique que l’industrie du luxe permettra à son entreprise de doubler son chiffre d’affaires à 24 milliards d’euros à l’horizon 2020

Groupe diversifié, PPR poursuit sa mue et sa focalisation sur le secteur du luxe et de l’habillement «lifestyle». François-Henri Pinault, fils du fondateur de l’ex-Pinault-Printemps-La Redoute, détaille sa stratégie et livre son analyse sur les perspectives du segment du luxe. Le PDG n’a toutefois pas souhaité répondre à des questions de politique française. C’est néanmoins la première fois qu’il accorde un entretien à la presse suisse.

Le Temps: PPR a affiché une croissance de ses ventes 17% au premier semestre grâce surtout au luxe. Combien de temps encore cette branche peut-elle rester déconnectée de l’économie réelle?

François-Henri Pinault: Les arbres ne croissent pas jusqu’au ciel. Mais il est vrai que les chiffres réalisés dans ce secteur sont impressionnants. Ils s’expliquent en grande partie par un phénomène de rattrapage dans certaines zones géographiques, notamment en Asie et en Amérique latine. En termes absolus, ces croissances restent néanmoins tout à fait raisonnables. Par exemple, en Chine, on partait de zéro. D’où des progressions à deux chiffres, parfois trois, durant les cinq à sept dernières années. En ce qui concerne PPR en Chine continentale, nous avons mis en place un vaste réseau de magasins pour nos marques les plus importantes, comme Gucci et Bottega Veneta. Et donc nous recueillons les fruits du dynamisme de la région.

– En est-on à l’apogée?

– Pas du tout, n’oublions pas que c’est un marché de 1,3 milliard d’habitants. L’an dernier pour la première fois, la Grande Chine – incluant Hongkong et Macao – est devenue en termes absolus plus importante pour notre pôle luxe que les Etats-Unis. Il s’agissait là d’un point d’inflexion important. L’expansion va se poursuivre. En Chine, le revenu moyen par habitant se situe à 8000 dollars, contre 22 000 ou 23 000 aux Etats-Unis qui ne comptent que 350 millions de personnes. Et comme il n’y a pas de raison que dans un horizon à long terme le revenu chinois ne croisse pas vers les 15 000 dollars, les perspectives s’annoncent intéressantes. A l’échelle de ce pays, cela veut dire que la moitié du chemin pour le luxe n’a pas encore été parcourue.

– Cela semble vertigineux…

– Oui, mais n’oublions pas que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une zone géographique de consommation représente 1,3 milliard de personnes. C’est du jamais-vu. Pour le luxe, je reste très confiant pour les dix à vingt prochaines années. Il y aura bien sûr des paliers, des à-coups, comme le démontre un léger fléchissement de la progression de nos ventes sur le deuxième trimestre de cette année, mais la direction générale est claire. Surtout que la Chine va développer son marché intérieur à terme et moins se reposer sur les exportations. D’où un accroissement du niveau de vie.

– Le luxe n’en a donc pas fini avec son renouveau géographique…

– En effet. Pendant très longtemps, ce secteur a été uniquement concentré en Europe, au Japon et aux Etats-Unis, soit environ 700 à 800 millions de consommateurs en puissance. On peut dire que c’était le cas jusqu’à la fin du siècle dernier. Et, d’un seul coup, avec les marchés émergents, le potentiel est passé à plus de deux milliards de personnes. Peut-être trois à l’avenir. Le changement de paradigme est gigantesque.

– Maintenez-vous vos ambitions chiffrées à moyen terme?

– Oui, tout à fait. Notre chiffre d’affaires global va doubler à 24 milliards d’euros à l’horizon 2020, contre 12 en 2011. Ce qui signifie que les ventes des pôles luxe et «lifestyle», compte tenu des cessions évoquées, doivent plus que tripler sur la même période. Nous y parviendrons essentiellement avec de la croissance organique, à raison de 80%. Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Toutes nos marques se sont projetées à dix ans, avec des hypothèses et des scénarios très précis.

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