Les fonds de hedge funds du gérant basé à Lausanne Gottex ne sont pas les seuls à subir les effets de l'affaire Petters aux Etats-Unis (LTdu 23.10.2008). Il s'agit d'une escroquerie gigantesque, d'un montant estimé à plus de 2 milliards de dollars.

Un produit de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), BCV Gottex Defensive, a investi 6% de sa fortune dans deux hedge funds victimes de ces détournements, a indiqué la BCV. Les pertes seront connues à la fin de la liquidation des sociétés de Tom Petters. Gottex conseille la BCV dans la gestion de ses fonds de hedge funds, mais la banque est responsable des décisions d'investissement. Le cas Petters ne remet pas en cause cette collaboration, a ajouté la BCV, qui relève qu'une escroquerie est toujours difficile à déceler.

Pas de réponse à Genève

Les sociétés de Tom Petters ont souscrit des crédits garantis par des actifs qui n'existaient pas. Le domaine des prêts sur actifs a été investi ces dernières années par la gestion alternative. A Genève, deux boutiques se sont spécialisées dans les fonds de fonds suivant cette stratégie. La première, Peak Partners, n'a pas voulu faire de commentaire. La seconde, Nara Capital, n'a pas pu être contactée.

A Zurich, la fondation de prévoyance IST a admis qu'un de ses produits, géré par Harcourt (dont 60% appartiennent à Vontobel), voit 14% de sa fortune menacés par cette affaire. Le produit ayant été lancé cette année, celle-ci est restreinte, 26 millions de francs. «Il est vrai qu'a posteriori la question de la gestion du risque d'escroquerie dans les prêts sur actifs se pose, admet Markus Nievergelt, directeur d'IST. Je reste convaincu par le concept, mais le maintien du produit dépendra de la réponse à cette question.» Harcourt n'a pour sa part pas indiqué le montant des éventuelles pertes subies par ses propres produits de prêts sur actifs. La liste des victimes de la fraude Petters ne se limite pas à la Suisse. Outre des fonds alternatifs américains, celle-ci comprend aussi probablement d'autres gérants de fonds de fonds.